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Réseauter avec sa canne à pêche

28 septembre 2015 | Pierre-Luc Trudel | Commenter

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Partie de plaisir pour les uns, véritable cauchemar pour les autres, le réseautage est trop souvent confiné à des activités sociales formelles et bien précises. Pourtant, les relations d’affaires les plus profitables se développent souvent – littéralement! – hors des sentiers battus.

Passionné de chasse et pêche depuis sa jeune vingtaine, Yves L. Giroux, directeur principal, développement des affaires à BMO Société d’assurance-vie, a réalisé au cours de sa carrière que son intérêt pour le plein air pouvait représenter un atout important dans le développement de ses affaires.

« Un jour, un avocat m’a dit qu’il y avait trois millions de permis de chasse et pêche émis au Québec. Autrement dit, on avait presque une chance sur deux de tomber sur une personne qui avait un intérêt pour la chasse et la pêche », raconte le planificateur financier, qui affirme qu’une passion commune est le meilleur moyen pour lancer des discussions intéressantes et développer des relations.

Quelques années plus tard, Yves L. Giroux s’impliquait dans la Fédération québécoise pour le saumon atlantique, où il a pu bâtir des relations avec des conseillers d’expérience et faire progresser sa carrière. « Il n’y a pas très longtemps, j’ai amené deux conseillers avec qui j’ai de bonnes relations d’affaires à la pêche au saumon. Eh bien ils m’en parlent encore!, s’exclame-t-il. Il n’y a rien de plus communicatif que les passions. C’est en s’intéressant aux gens qu’ils vont se souvenir de nous. »

UNE QUESTION DE PASSIONS

La passion comme catalyseur pour réseauter? Il s’agit d’une approche que prône totalement Lise Cardinal, spécialiste et formatrice en réseautage d’affaires. « Les gens veulent qu’on se souvienne d’eux, mais aussi qu’on s’intéresse à ce qu’ils aiment. »

Qu’il s’agisse d’une dépendance au Scrabble, d’un amour inconditionnel pour les chevaux, d’un culte voué à la cuisine végétarienne ou d’un enthousiasme inébranlable pour les randonnées à vélo, les intérêts communs sont la source de bien des relations d’affaires bâties sur des bases solides.

« Deux personnes pourraient développer une relation intéressante parce qu’elles sont des adeptes de Bixi, donne comme exemple Mme Cardinal. Les gens ne veulent pas confier leur portefeuille à n’importe qui. Quand vous partagez des affinités et des valeurs communes avec des clients potentiels, il devient plus facile de gagner leur confiance », affirme-t-elle.

Par ailleurs, une des erreurs que font souvent les gens est d’omettre de se présenter dans un contexte social, selon elle. « Un jour, j’attendais ma voiture au garage et un autre client est entré en disant qu’il était un représentant pour Michelin. Résultat, nous avons discuté de pneus Michelin pendant plusieurs minutes! », relate-t-elle, en ajoutant que les enfants peuvent également se révéler d’excellents ambassadeurs. « Assurez-vous qu’ils sachent bien ce que vous faites dans la vie, les parents de ses amis seront peut-être vos prochains clients. »

PARTOUT, TOUT LE TEMPS

Dans le même ordre d’idée, le conférencier et coach d’affaires Jean-Pierre Lauzier invite les professionnels à toujours être en mode réseautage.

« Pas besoin d’être à un endroit en particulier pour réseauter, il suffit de s’intéresser aux gens qui nous entourent, que ce soit lors des activités sportives de vos enfants ou dans un club de motoneige. »

Pour autant, vaut peut-être mieux éviter de vous inventer une passion pour le yoga dans le but de séduire un client potentiel si vous avez la flexibilité d’une poutre en acier.

« Il ne faut pas faire semblant de partager une passion commune. La sincérité est à la base d’une relation de confiance », prévient M. Lauzier.

Provoquer des circonstances favorables en participant à quelques événements de bienfaisance ou en choisissant ses activités de loisirs de façon à augmenter ses chances de réussite ne devrait cependant pas être une stratégie à écarter.

Les traditionnels 5 à 7 de réseautage ne sont pas non plus à proscrire, mais souvent, ils ne représentent pas la méthode la plus efficace pour élargir et entretenir son réseau, estime François Garon, expert en réseautage d’affaires.

« La réalité avec les groupes de réseautage, c’est que 100 % des gens sont vendeurs, ce qui ne facilite pas le développement de relations sincères. »

Les activités de réseautage plus encadrées devraient donc être réservées à ce que M. Garon appelle la prospection, qui peut donner de bons résultats à court terme. Pour les relations durables toutefois, les affinités communes, qui permettent de vraiment connecter avec son interlocuteur, sont sans égal. « Il suffit de joindre l’utile à l’agréable et de réseauter en faisant avant tout une activité qui nous passionne. »

Si Yves L. Giroux possède six ou sept cannes à pêche, ce n’est pas uniquement pour réseauter!

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