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Économie

Cinq mythes sur les actions à dividendes

21 mars 2012 | Commenter

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La crise financière de 2008-2009 a incité beaucoup d’investisseurs à abaisser d’un cran leur degré de tolérance au risque. Nombre d’entre eux ont jeté leur dévolu sur les actions à dividendes, croyant ainsi se mettre à l’abri des aléas du marché.

Est-ce une bonne stratégie? Ce n’est pas si sûr, dit John Heinzl, chroniqueur au quotidien The Globe and Mail. En effet, plusieurs mythes entourent les actions à dividendes. Il en présente cinq qui ont la couenne dure.

1. « Les actions à dividendes offrent une protection contre les effondrements boursiers »
Faux. Il y a plusieurs années, les performances exemplaires des actions des banques, des sociétés de services publics, des exploitants de pipelines et des producteurs de biens de consommation courante ont laissé croire à leurs détenteurs que leurs portefeuilles étaient parfaitement blindés pour toujours. Or, la crise financière de 2008-2009 a remis les pendules à l’heure : la plupart des secteurs boursiers, particulièrement les banques, ont été emportés par la vague de mauvaises nouvelles. Morale : même les actions à dividendes de grandes entreprises très rentables peuvent être mises à mal quand les marchés périclitent.

2. « On n’a pas à s’en soucier »
Erreur. Un portefeuille d’actions à dividendes doit être révisé régulièrement pour qu’il reflète bien la réalité du marché, note John Heinzl. Il donne l’exemple des titres de la Financière Manuvie et de Groupe Pages Jaunes. Pendant des années, ces deux fleurons canadiens ont versé des dividendes croissants avec la régularité d’un mouvement suisse. Puis, le vent a tourné. Frappée par la crise financière et des taux d’intérêt désespérément faibles, Manuvie a été contrainte de couper son dividende en deux. Quant à Groupe Pages Jaunes, des problèmes de surendettement l’ont forcé à réduire son dividende à plusieurs reprises avant qu’il ne l’annule complètement. « Les investisseurs qui ont vendu leurs actions de Manuvie et de Groupe Pages Jaunes dès que ces entreprises ont commencé à diminuer leurs dividendes se sont épargné bien des peines par la suite », souligne le chroniqueur.

3. « Les actions à dividendes génèrent les plus hauts rendements »
Sur de très longues périodes, il est vrai que les actions à dividendes croissants inscrivent des rendements supérieurs à ceux des actions qui n’en versent pas. Toutefois, les investisseurs qui optent sans retenue pour cette approche risquent de rater des occasions en or comme Apple (+ 554 % au cours des cinq dernières années) ou Lululemon Athletica, dont l’action a avancé de 381 % depuis 2007. [Note : Apple a annoncé qu’elle versera un dividende trimestriel sur ses actions ordinaires].

4. « Avec des actions à dividendes, plus besoin de titres à revenu fixe »
Quelle que soit leur qualité, les actions à dividendes demeurent… des actions. Elles sont exposées au risque du marché, comme on l’a vu précédemment. Certes, les titres à revenu fixe ne rapportent pas grand-chose ces temps-ci, mais ils protègent les actifs contre les déroutes. Si votre portefeuille est composé à 60 % d’actions et à 40 % de CPG, votre perte se limitera à 18 % seulement si les Bourses plantent de 30 %, calcule John Heinzl. L’inverse est aussi vrai : lorsque les marchés s’enflamment, votre portefeuille ne participe pas entièrement à la frénésie. C’est le prix à payer pour avoir l’esprit en paix.

5. « Avec des actions à dividendes, plus besoin de diversifier ses actifs »
Au Canada, les meilleures actions à dividendes se retrouvent malheureusement dans une poignée de secteurs : les sociétés de services financiers, les exploitants de pipelines, les entreprises de services publics et les firmes de télécommunication. Le risque de détenir un portefeuille trop concentré est donc réel. Évidemment, on peut acheter des actions à dividendes d’entreprises américaines spécialisées dans les biens de consommation courante, les soins de santé et la haute technologie. Mais alors, il faut composer avec le risque de devise. Le moyen le plus simple de contourner ces écueils est de se procurer des parts de fonds négociés en Bourse qui investissent dans des actions à dividendes d’entreprises œuvrant à l’échelle mondiale dans les secteurs sous-représentés sur le marché canadien, dit John Heinzl. Cette façon de faire permet d’obtenir une diversification optimale à un coût raisonnable.

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