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Claude Béland répond à Monique F. Leroux

13 avril 2016 | Christine Bouthillier | Commenter

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bataille_dispute_colere_fache_desaccord_conflitAccusé d’avoir refusé de rencontrer les instances de Desjardins pour discuter de leurs divergences, Claude Béland soutient que rien n’est plus faux et qu’une rencontre a bel et bien eu lieu.

L’ancien président de Desjardins a fait la manchette à plusieurs reprises au cours des dernières années pour ses critiques envers les orientations données au Mouvement par Monique F. Leroux, dont la présidence s’est terminée samedi.

Celle-ci a publié un livre la semaine dernière, dans lequel elle revient sur sa carrière. Elle y écorche au passage M. Béland, auquel elle reproche ses commentaires publics.

« Nous avons invité M. Béland à en discuter avec les instances de Desjardins. Il a préféré poursuivre ses interventions à travers les médias, ce qui a déçu de nombreux dirigeants, y compris certains avec qui il a travaillé. Pour plusieurs, cette attitude était contraire à l’esprit coopératif, qui met de l’avant le dialogue constructif entre les parties prenantes de la coopérative », peut-on y lire.

Mme Leroux fait erreur, soutient Claude Béland, en entrevue avec Conseiller.

« Il y a déjà eu une rencontre avec des gens délégués par le conseil d’administration de Desjardins en 2014. On m’a expliqué l’évolution du réseau de distribution des caisses, les changements rapides et profonds dans les habitudes de consommation des membres, les mesures mises en place pour les caisses en région et l’encadrement réglementaire international et national », décrit-il.

Il souligne qu’il a tenté d’expliquer que des centaines de membres lui avaient écrit pour manifester leur mécontentement, mais on lui aurait rapidement répondu de ne pas s’inquiéter et que les équipes de Desjardins contrôlaient la situation.

claude_belandUNE NOUVELLE INVITATION

Quelques mois plus tard, après une entrevue accordée aux médias, Claude Béland aurait reçu une invitation à une nouvelle rencontre avec des membres du conseil d’administration de Desjardins.

Cette fois, il voulait avoir la chance de s’exprimer, raconte-t-il. Il a donc répondu par une lettre, dont Conseiller a obtenu copie.

« Si vous désirez, lors de notre rencontre, m’expliquer ce que Desjardins entend faire pour redevenir un agent de changement, il me fera grand plaisir de vous rencontrer. […] Mais s’il s’agit de m’expliquer la stratégie pour devenir une meilleure banque, je passerai mon tour », peut-on y lire.

Il dit n’avoir reçu aucune réponse.

De son côté, Monique F. Leroux n’entend pas revenir sur le sujet.

Dans un échange de courriels avec Conseiller, André Chapleau, porte-parole de Desjardins, explique : « M. Béland a droit à ses opinions, Mme Leroux les siennes. Elle fait simplement un constat, sans acrimonie aucune à son égard, en écrivant que la tentative du conseil d’administration d’ouvrir un dialogue avec lui a échoué. D’ailleurs, ce passage ne comporte que quelques lignes tout au plus. »

« DEVOIR DE RÉSERVE »

En prenant ainsi position, Claude Béland dit craindre de se voir retirer son statut de membre honoraire de Desjardins. Il s’agit d’un titre accordé à d’anciens dirigeants élus et hauts gestionnaires de Desjardins, considérés comme des ambassadeurs de la coopérative.

« Nous estimons qu’en retour, ils se doivent de respecter un certain devoir de réserve et de ne pas nuire à la réputation de Desjardins […]. S’ils ont des critiques à formuler, ils sont invités à le faire au sein de nos instances démocratiques ou des forums internes auxquels ils sont régulièrement invités, en présence du président et de l’équipe de direction, indique André Chapleau. Nos membres honoraires ont accès à de l’information privilégiée et il est normal que l’on exige d’eux un certain devoir de réserve. »

« Toute personne qui jouit du statut de membre honoraire et qui décide de ne pas respecter le devoir de réserve que cela comporte se trouve à s’exclure elle-même de ce groupe », ajoute-t-il, sans se prononcer sur le cas spécifique de Claude Béland.

Le principal intéressé estime toutefois qu’il respecte la politique du Mouvement.

« Je ne crois pas manquer à mon devoir de réserve lorsque je témoigne de l’évolution des valeurs dans le secteur de la finance et dans le réseau des institutions bancaires ou que je transmets de l’information à ce sujet. Il existe un devoir plus important, c’est celui du vrai », juge l’ex-président de Desjardins.

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