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Épargne

Comment assurer une retraite décente à la classe moyenne?

17 mai 2016 | La rédaction | Commenter

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retraite_argent_425Afin de permettre à la classe moyenne de maintenir un niveau de vie décent après avoir quitté la vie active, les retraites publiques devraient être bonifiées et proposer un taux de remplacement du revenu d’au moins 40 %, estime une étude publiée hier par lObservatoire de la retraite.

Intitulé L’amélioration des régimes de pensions du Canada et de rentes du Québec : les propositions sur la table, ce document d’une trentaine de pages conclut que la bonification des systèmes de retraite publics devrait relever de 25 % à 40 % le taux de remplacement du revenu préretraite, augmenter le maximum des gains admissibles (MGA) et aider davantage les personnes à faible revenu.

À quelques semaines du début des discussions entre le ministre fédéral des Finances et ses homologues des provinces concernant les moyens d’améliorer le système actuel, l’auteure du rapport, l’économiste Ruth Rose, professeure à l’Université du Québec à Montréal, a ainsi voulu analyser six grandes suggestions émises par des dirigeants politiques et syndicaux (voir encadré).

LE RPC ET LE RRQ COUVRENT 25 % DES REVENUS

« L’augmentation du MGA est un des enjeux importants de la réforme, écrit-elle. Actuellement, il est fixé au niveau du salaire industriel moyen, soit 54 900 dollars en 2016. Cependant, les gens qui ont gagné ce niveau de revenu en moyenne au cours de leur carrière ne reçoivent pas la rente maximum, parce que les années où les gains ont été supérieurs à ce niveau ne compensent pas les années où ils ont été inférieurs. »

Les propositions au sujet du MGA varient de 64 900 à 109 800 dollars, précise la chercheuse, dont l’étude suggère qu’un MGA fixé à 150 % du salaire industriel moyen (soit 82 350 dollars) « permettrait de couvrir l’ensemble du revenu d’environ 85 % des Canadiens ».

Aujourd’hui, le Régime des rentes du Québec (RRQ) et le Régime de pensions du Canada (RPC) couvrent environ 25 % des revenus d’avant la retraite. Les taux de cotisation sont respectivement de 10,65 % et de 9,9 %, assumés à parts égales par les employés et les employeurs, sauf dans le cas des travailleurs autonomes, qui les paient en totalité.

DES PISTES POUR RENFORCER LE SYSTÈME

À cela s’ajoute la Sécurité de la vieillesse, offerte à 65 ans à tous les particuliers, ainsi que le Supplément de revenu garanti, destiné à donner un coup de pouce aux personnes les plus démunies. Des sommes supplémentaires peuvent également provenir des régimes de retraite complémentaires proposés par les employeurs et de l’épargne personnelle.

Depuis quelques années, toutefois, les administrateurs de régimes, les associations de retraités, les actuaires et certains élus cherchent à renforcer le système, explique Le Devoir, « surtout dans un contexte où la volatilité des rendements, l’allongement de l’espérance de vie et la pauvreté des personnes âgées sèment l’inquiétude ».

Le gouvernement de l’Ontario, lui, a pris les devants en 2015 en mettant sur pied son propre système de bonification du régime public, auquel les entreprises devront commencer à cotiser en 2018. Selon Le Devoir, la province entend ainsi couvrir 40 % des revenus des particuliers, ce qui représenterait une cotisation supplémentaire de 3,8 %.

MIEUX SOUTENIR LES PERSONNES À FAIBLE REVENU

De son côté, Ruth Rose, dont la proposition est un mélange de plusieurs des idées sur la table, estime que son projet demanderait une cotisation supplémentaire de 3,3 % à 3,8 % pour les gains admissibles inférieurs à 54 900 dollars, et de 6,6 % à 8,3 % pour ceux supérieurs à ce montant. Elle suggère en outre de soutenir davantage les personnes à faible revenu en les exemptant de cotisation sur les premiers 15 000 dollars. Actuellement, tout le monde bénéficie d’une exemption sur les premiers 3 500 dollars.

« C’est l’un des éléments les plus importants, explique la chercheuse au Devoir. De toute manière, les gens qui ont de faibles revenus pendant leur vie active ont un bon taux de remplacement de revenu à la retraite. Ça demanderait une subvention du gouvernement fédéral pour assurer une rente minimum [de 2 150 dollars] pour les gens qui ont eu des revenus moyens de carrière inférieurs à 15 000 dollars. »

Six propositions sous la loupe

L’étude de l’Observatoire de la retraite passe au crible ces six propositions pour améliorer le RPC et le RRQ :

  • accroître le taux de remplacement du revenu d’avant la retraite de 25 % à 50 % (Congrès du travail du Canada et Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec);
  • instaurer un taux de remplacement de 40 % pour les salaires inférieurs au salaire industriel moyen (SIM, soit 54 900 $) et de 15 % en haut de ce seuil (Régime de retraite de la province de l’Ontario);
  • instaurer un taux de remplacement de 35 % (ministres des Finances du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux lors d’une réunion en 2013);
  • remplacement de 40 % du revenu avant la retraite incluant les gains supérieurs au SIM (Ruth Rose);
  • remplacement de 50 % des gains sur les revenus se situant entre 30 000 et 80 000 dollars (plate-forme électorale du Parti libéral);
  • instaurer un taux de remplacement de 40 % sur les revenus situés entre 27 450 et 109 800 dollars (Michael Wolfson, ancien statisticien de Statistique Canada).

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