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Comment développer un bon réseau de contacts?

18 novembre 2014 | Chantal Legault | Commenter

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Le réseautage, c’est bien plus qu’un échange de cartes d’affaires. C’est un art qui permet de repérer les bons contacts pour atteindre ses objectifs professionnels. L’activité peut sembler séduisante pour certains, mais s’avère une véritable corvée pour d’autres. « Il faut  fournir des efforts, mais le résultat est garanti », affirment Réjean Gauthier, entrepreneur et conseiller sur le réseautage auprès des gens d’affaires et Valérie Lesage, correspondante pour le journal Les Affaires, à Québec. Ensemble, ils ont rédigé le livre Dans la jungle du réseautage. Entrevue avec deux passionnés des relations humaines.

Conseiller : Vous affirmez que le réseautage est plus que jamais nécessaire en 2014. Pourquoi?

Valérie Lesage : Auparavant, les gens travaillaient davantage en complémentarité, mais aujourd’hui, la concurrence est mondiale, d’où l’importance de se bâtir un réseau de contacts pour choisir les personnes avec qui on a envie de travailler ou d’élaborer de nouveaux projets. De plus, nous vivons dans un monde en mutation très rapide et les emplois sont instables. En établissant des liens solides avec différentes personnes de notre milieu, nous diminuons énormément notre vulnérabilité professionnelle.

Des relations mutuellement gagnantes

C. : Quels sont vos conseils pour profiter au maximum des activités de réseautage?

Réjean Gauthier, entrepreneur et conseiller sur le réseautage auprès des gens d’affaires.

Réjean Gauthier : L’écoute, la prise de notes et le suivi. Les gens ont souvent le réflexe de ne penser qu’à leurs propres intérêts afin d’améliorer leur sort. Avant de participer à un 5 à 7 ou un repas d’affaires, je leur conseille de réfléchir à la façon dont ils pourraient être utiles aux gens qui les entourent. Après l’activité, il est important de prendre des notes pour se rappeler des intérêts et des besoins de chacune des personnes qu’on aimerait ajouter à son réseau afin de faire un suivi adéquat, par exemple en partageant une information ou une ressource pertinente avec eux. En appliquant cette technique, nous devenons beaucoup plus performant.

V. L. : Il faut devenir plus altruiste. Quand on cherche constamment à vendre sa salade, les gens autour de nous deviennent fatigués. Par contre, si on les écoute pour saisir leurs besoins, on provoque un effet complètement différent. On peut alors construire des relations qui seront mutuellement gagnantes.

C. : Vous soulignez dans votre livre l’importance de bien se préparer avant de participer à une activité de réseautage.

R. G. : Les gens arrivent souvent en retard à un 5 à 7, ne savent pas où se garer, ne connaissent personne sur place et oublient parfois même leurs cartes d’affaires. Il est important de se préparer et de s’informer au sujet de l’activité à laquelle on va participer en cherchant à savoir qui sont les organisateurs et même, si possible, à connaître la liste des invités. Une activité de réseautage bien planifiée sera beaucoup plus agréable et profitable.

C. : Vous insistez sur l’importance de se lier à des bâtisseurs.

R. G. : Les personnes qui sont influentes dans leur milieu ont généralement de beaux réseaux de contacts et peuvent nous faire avancer 10, 20 ou même 30 fois plus rapidement dans notre carrière. Comme ils sont très sollicités, il faut utiliser une stratégie à long terme pour les approcher. Par exemple, si l’une de ces personnes parraine une fondation, je vais participer aux activités organisées par celle-ci. Si une place se libère au conseil d’administration, je vais essayer de m’y impliquer. Parmi les personnes qui suivent mes formations, celles qui ont été capables de tisser des liens avec des bâtisseurs sont celles qui ont connu le plus de succès.

Être actif sur les médias sociaux

C. : Un bon réseautage d’affaires doit-il inclure les médias sociaux?

R. G. : C’est incontournable. Les activités traditionnelles de réseautage sont très importantes, mais il ne faut pas négliger les réseaux sociaux. Je conseille cependant d’être bien outillé et de suivre des formations avant de s’y aventurer.

Valérie Lesage, correspondante pour le journal Les Affaires. Photo : Éric Côté

V. L. : Non seulement il faut être présent sur les réseaux sociaux, mais il faut aussi y être actif. Plus on sera pertinent dans les groupes de discussion, plus on soulèvera de l’intérêt et on s’attirera de nouveaux clients. Il est également important de féliciter les autres et de partager de l’information. Quand on tombe dans le narcissisme, on énerve rapidement les gens de notre réseau. Le principe des médias sociaux est le partage.

C. : Le réseautage semble nécessiter beaucoup de temps et d’efforts…

R. G. : Qui a dit que c’était facile de faire du réseautage? C’est un peu comme se garder en forme. Il faut y mettre de l’énergie, être discipliné et persévérant. Tout le monde aimerait être un spécialiste du réseautage, mais il faut un peu de courage et sortir de sa zone de confort pour y parvenir.

Dans la jungle du réseautage, Réjean Gauthier et Valérie Lesage, Les Éditions Transcontinental, 2014, 175 pages, 24,95$

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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