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Comment éviter l’épuisement professionnel

10 mai 2012 | La rédaction | Commenter

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Une décennie de marchés volatils, de renforcement des restrictions réglementaires et d’insatisfaction des clients font que nous sommes dans une période stressante pour les conseillers.

« La première fois que ma confiance en moi a vacillé, j’ai vécu la période la plus dure en tant que conseillère, confie Sonia LeRoy, propriétaire de LeRoy Group, à Ottawa. C’était tout juste après l’éclatement de la bulle technologique, en 2000. A suivi ensuite le premier marché vraiment négatif dans lequel j’ai dû conseiller. Mon manque de confiance dans les plans financiers de mes clients m’a figée. »

Mme LeRoy s’est donc tournée vers ses mentors afin qu’ils la conseillent. Ils lui ont conseillé de prendre contact avec des experts et de réétudier les principes de base de l’investissement. « J’ai passé beaucoup de temps avec des gestionnaires de fonds communs, des conseillers en placement et d’autres experts de l’industrie afin d’obtenir des idées d’investissement, de risques ou d’occasions à saisir, explique-t-elle. À peu près 20 % de mon temps est consacré à ma propre éducation. Si je comprends et que je crois en ce que je fais, je peux faire face à n’importe quoi. »

Conseiller ou psychologue?
Les conseillers se retrouvent souvent à devoir régler les problèmes de leurs clients, qu’ils soient financiers ou d’un autre genre.

« Parfois, quand on rencontre des clients, surtout la première fois ou pendant une crise, on se sent plus comme un psychologue », dit Judith Cane, propriétaire de Antara Financial Group, basé à Ottawa.

Elle fait remarquer que, au cours des cinq à dix dernières années, alors que la clientèle vieillissait et que les marchés étaient volatils, le stress financier n’a fait qu’augmenter. Les Canadiens doivent de plus vivre avec des problèmes financiers « qui les auraient tués il y a 25 ans », ajoute-t-elle.

Pour plusieurs, les facteurs de stress peuvent être l’aide personnelle à domicile ou la réglementation entourant les condominiums, ce qui peut vouloir dire des questions complexes de responsabilité, de propriété ou d’obligations financières. De plus, le fait que l’adolescence dure de plus en plus longtemps fait en sorte que les jeunes retraités ont souvent un jeune adulte à la maison, en même temps qu’ils doivent s’occuper de leurs parents, ajoute Mme Cane.

Il y a six ans, avant que l’économie ne commence à flancher, elle a commencé à rechercher des moyens d’aider les clients à réduire leur stress personnel. Mme Cane a vite découvert qu’elle était en train de passer des heures à chercher sur le web, à conseiller les clients sur des problèmes qui sortaient de son champ d’expertise.

Cela a eu un effet sur sa propre santé. « Cela me stressait à un point tel que je n’étais pas capable de régler leurs problèmes. »

Les femmes plus sujettes au stress
« Les femmes, plus que les hommes, s’ouvrent au stress, dit Tammy Scantlebury, une spécialiste des services de santé au travail à Nordion, situé à Ottawa. Les femmes sont des aidantes naturelles. Nous adoptons le rôle de soutien moral presque instinctivement. »

En 2010, 23,5 % des adultes canadiens ont affirmé que la plupart des journées étaient « très ou assez stressantes », selon Statistique Canada. La proportion passe à 30 % pour les adultes âgés entre 35 et 54 ans et qui ont un emploi. Les femmes avouent plus fréquemment que les hommes être stressées dans leur vie quotidienne.

Les symptômes à court terme du stress peuvent inclure des maux de tête, de l’insomnie, des problèmes digestifs, des douleurs, des colères brusques ou une faible estime de soi. S’il n’est pas traité, le stress à long terme est relié à toutes les maladies, passant des maladies du cœur au cancer.

Mme Cane a fini par réaliser qu’elle devait changer.

« Il y a environ cinq ans, j’ai commencé à mettre en place une liste de ressources pour mes clients, dit Mme Cane. Il y avait des travailleurs sociaux, des travailleurs de la santé, des avocats, des cliniques ainsi que leurs coordonnées. Mais, j’ai arrêté de leur donner de l’information. J’ai arrêté de passer des heures et des heures à m’inquiéter à propos de la vie personnelle de mes clients. »

Soulager le stress

1. Être organisé
Faites une liste des choses qui vous stressent et déterminez lesquelles vous êtes en mesure de contrôler. Déterminez quels sont les plus petits problèmes d’abord. De cette manière, vous pourrez arranger votre calendrier. « Il faut que vous journées et votre semaine soit flexibles, conseille Mme Scantlebury. Réaliser que certaines choses pourraient survenir et vous faire dérailler. Prévoir cette possibilité dans votre horaire vous permettra de mieux gérer ce nouveau stress. »

Plutôt que de prendre des rendez-vous les uns à la suite des autres, Mme LeRoy prévoit des réunions avec ses collègues et ses mentors chaque semaine et continue de s’éduquer et d’éduquer ses clients.

« L’éducation aide les gens à traverser les périodes de ralentissement économique sans ressentir un immense désespoir, ajoute-t-elle. Plus ils sont éduqués, plus les clients ont tendance à suivre leur plan plutôt que de le laisser tomber. »

2. Relaxer
Prenez des pauses pendant la journée. Et ne sous-estimez pas le pouvoir des vacances. Tous les mois de mars, Mme LeRoy part pour un voyage de ski mère-fille afin de décrocher après la période très occupée des REER. Elle se rend ensuite au chalet familial, pour être certaine de bien relaxer.

3. Prenez soin de vous
L’adulte moyen a besoin de sept à neuf heures de sommeil par jour pour se sentir reposé. Manger des aliments riches en protéines, des fruits et des légumes vous aidera à rester énergique. « Il faut éviter les aliments à forte teneur en sucre et la caféine, qui vous donnent un élan à court terme, mais qui drainent votre énergie à long terme », explique Mme Scantlebury.

4. Connectez avec les autres
Teresa Black Hughes, de Rogers Group Financial à Vancouver, est bénévole au conseil d’administration d’une mission chrétienne de sa région. « Certaines personnes me disent que je n’ai pas un bon équilibre entre ma vie privée et ma vie professionnelle, dit-elle en riant. Mais, je maintiens mes propres objectifs et perspectives quand j’aide les autres à ce niveau. »

Ce n’est pas surprenant, dit Mme Scantlebury. « Ça aide de partager son stress, de parler ouvertement avec son réseau de soutien, et de simplement connecter avec les autres. »

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