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Assurance

Comment expliquer les hausses du coût de l’assurance

9 janvier 2013 | David Wm. Brown | Commenter

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L’assurance vie permanente est tarifée à un niveau insuffisant et les assureurs le savent. Depuis le dernier trimestre de 2010, la plupart d’entre eux ont relevé leur tarification et certains parlent même d’une troisième vague de hausse. Il se pourrait également que ce produit disparaisse purement et simplement puisque quelques assureurs l’ont déjà retiré de leur gamme et se concentrent sur les contrats à taux modifiables ou l’assurance temporaire.

Que dire alors aux clients?
Expliquer que les compagnies d’assurances relèvent les taux des primes fixes pour deux raisons :

  1. Les taux d’intérêt et les taux obligataires sont restés faibles durant une période inhabituellement longue.
    Les compagnies d’assurances doivent investir leurs capitaux de façon à réaliser un bénéfice. Les primes sont calculées en fonction de la mortalité, des frais encourus et des taux d’intérêt. Si ces taux baissent, les assureurs doivent investir davantage de capitaux pour être rentables et disposer de réserves suffisantes pour faire face aux demandes de règlement.Les assureurs sont tenus par la loi de maintenir un certain niveau de réserves (voir Marge de sécurité). Pour se procurer ce capital supplémentaire à placer, ils doivent exiger des primes plus importantes.
  2. Les assureurs sont désormais tenus de présenter leurs résultats sur la base de nouvelles normes.
    Les Normes internationales d’information financière (IFRS) sont devenues obligatoires depuis janvier 2011 pour la plupart des entreprises à but lucratif ayant une obligation publique de rendre des comptes. Cependant, les compagnies d’assurances ont eu la possibilité de reporter l’application de ces normes jusqu’à l’année 2012. (Les fonds de placement et les fonds distincts peuvent attendre 2013.) L’objectif est de permettre une présentation normalisée qui soit compréhensible, comparable et appropriée. Cependant, ces normes ne tiennent pas compte du fait que les entreprises ayant des obligations à très long terme, telles que les compagnies d’assurances, fonctionnent différemment.

Les compagnies d’assurances ont fait savoir que l’adoption  des IFRS contribuerait à accroître leurs frais financiers et qu’elles devraient donc affecter davantage de fonds aux réserves de capital pour pouvoir payer leurs assurés.

Conseil aux clients
Le moment est peut-être bien choisi pour recommander à vos clients ayant un contrat d’assurance temporaire de le convertir en contrat permanent à taux fixe avant la prochaine vague de hausse. Ils pourraient également en profiter pour bloquer les taux pour leur conjoint, ou même établir un portefeuille d’assurances pour leurs enfants.

En bloquant les taux aujourd’hui, vos clients peuvent économiser des milliers de dollars sur la durée de leur vie.

Réserves émises par les assureurs à l’égard des IFRS
L’Association canadienne des compagnies d’assurances de personnes a fait part au président du Conseil des normes comptables internationales de ses inquiétudes sur trois points :
  • Toutes les options viables visant à établir une méthodologie appropriée des taux d’actualisation doivent être soigneusement évaluées.
  • En raison de la complexité du sujet, cette évaluation devrait prévoir des études d’impact quantitatif.
  • L’établissement de normes comptables adaptées au secteur de l’assurance est d’une importance stratégique.

 

Marge de sécurité
Les assureurs doivent constituer des réserves réglementaires correspondant au moins à 120 % de leurs engagements (montant minimal permanent requis pour le capital et l’excédent). Les organismes de réglementation s’inquiètent dès que ce pourcentage tombe à moins de 150 %. Les compagnies d’assurances sont tenues de déclarer ces réserves trimestriellement au Bureau du surintendant des institutions financières. Pourtant, lorsqu’Union du Canada, Assurance-Vie a fait faillite, ses réserves couvraient plus de 100 % de ses engagements.

David Wm. Brown, CFP, AVA, C.FIN.A., RHU, TEP, est membre de la TRDM et associé chez Al G. Brown and Associates de Toronto.

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