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Économie

Comment miser sur l’économie mondiale

25 septembre 2013 | Nicolas Ritoux | Commenter

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C’est hier qu’avait lieu la journée annuelle de conférences d’Investissements Renaissance au Centre Mont-Royal, à Montréal. Près de 350 professionnels des services financiers ont écouté les experts de CIBC exposer leurs observations sur les marchés mondiaux.

D’abord, l’économiste en chef adjoint de CIBC, Benjamin Tal, a expliqué en quoi l’année 2013 serait celle de la transition, « de mauvais à meilleur ». Plusieurs facteurs ont été observés : d’abord les taux d’intérêt faibles, qui sont devenus « la normalité pour une nouvelle génération ». Puis le retour de la confiance envers l’avenir européen, « impensable il y a un an ». Bien que la recapitalisation des banques ne soit pas terminée et que les taux de chômage atteignent des niveaux inquiétants (1 jeune sur 2 en Espagne !), Benjamin Tal estime que l’Europe est sur la bonne voie, surtout avec la force de l’Allemagne où les exportations se portent bien et le marché immobilier est « le plus attrayant au monde en ce moment ».

Les pays émergents, de leur côté, ont tellement ralenti que l’OCDE les surpasse; mais ce cycle est normal et représente en réalité une belle occasion d’achat, selon l’économiste. Dans ces régions, tout dépend bien sûr de la Chine, qui poursuit son « atterrissage en douceur », connaît une légère bulle immobilière et fait face à un rétrécissement de la main-d’œuvre en conséquence de sa politique passée de l’enfant unique. Mais « rien pour dérailler l’économie », promet Benjamin Tal. « Le futur de la Chine réside dans ses consommateurs », a-t-il indiqué.

Aux États-Unis, l’immobilier traverse une « période grise » où les investisseurs institutionnels perdent du terrain face à l’achat des ménages. Un bon moment pour investir, semble-t-il. Si la Fed a provoqué quelques remous récemment, c’est en partie à cause de l’excès de transparence de ses dirigeants, qui voulaient rassurer les marchés en partageant leur réflexion mais ont plutôt provoqué l’effet inverse en dévoilant leur propre incertitude. « Une erreur de communication », estime Benjamin Tal.

Au Canada, le pétrole promet de la vigueur pour autant qu’il parvienne à s’exporter autant que possible, mais les consommateurs n’ont jamais aussi peu emprunté, car ils sont déjà lourdement endettés. Le crédit à la consommation est au plus bas, alors on ne peut pas compter sur ce vecteur de l’économie pour alimenter la croissance. La solution se trouve plutôt dans notre exposition au marché mondial, « principal moteur du TSX » selon l’économiste.

En conclusion, Benjamin Tal recommande de mettre fin à notre « festival des titres à dividendes » (dividend binge) et de devenir plus défensifs, et plus axés sur l’économie mondiale. Ses secteurs de prédilection : les assurances, l’énergie, les médias, les TI, les telcos, l’industrie et les métaux de base.

Vice-président à la répartition globale d’actifs et à la gestion des devises, Vincent Lépine a renchéri sur certains de ces points. Côté chinois, il observe des réformes plus rapides que prévu dans le secteur bancaire, avec des taux de change plus libres et une ouverture des capitaux. La croissance continuera de stagner autour de 7 %, mais elle sera « plus saine » et les anciens réflexes des investisseurs ne s’appliqueront plus. Dorénavant, c’est le consommateur chinois qu’il faut « exploiter », juge-t-il.

En Europe, Vincent Lépine considère que la situation a été « mal comprise » par les marchés, car leurs banques sont en train de faire le ménage de leurs bilans en retard sur les Américains. Le résultat : un ralentissement des prêts partout en Europe, de façon simultanée. La récession a été longue et pénible, mais « la plus grosse partie du ménage est faite », juge l’expert.

 

 

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