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Conseil financier : l’illusion qu’offre la connaissance

16 décembre 2009 | Cimon Plante | Commenter

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« Le plus grand obstacle à la découverte n’est pas l’ignorance, c’est l’illusion de la connaissance », cite Daniel J. Boorstin, historien américain.

Il est renversant de constater, en une seule journée, la quantité d’information que nous recevons. Malheureusement, nous avons tendance à associer information avec connaissance. Cependant, les deux sont tout à fait différents. Dans bien des domaines, nous pouvons avoir l’impression que plus nous assimilons des quantités d’informations, mieux nous sommes informés. Dès lors, nous croyons que notre jugement devrait être supérieur. Nous nous disons, que nous avons la capacité de faire le tri, et de rejeter les renseignements inutiles. Penser ainsi, revient à considérer notre cerveau comme un ordinateur, pouvant gérer un torrent d’information. Cependant, en tant qu’humain, nos capacités restent plutôt limitées.

En investissement, bien des gens pensent que nous avons besoin d’en savoir plus que tout le monde afin de battre les marchés. Toutefois, certaines expériences nous amènent à conclure que l’on peut faire aussi bien, tout en ayant moins d’informations que les analystes financiers.

En voici un exemple. En 1973, Paul Slovic, a fait une recherche intitulée Behavioral problems adhering to a decision policy, afin d’analyser le comportement de bookmakers. Chaque bookmaker devait estimer les vainqueurs parmi 40 courses de chevaux, ayant déjà eu lieu. Les
parieurs professionnels avaient en main cinq données importantes sur chacun des chevaux afin de compléter leur estimation. Après, les parieurs devaient recommencer avec 10 données plutôt que cinq. Le chercheur a refait l’exercice pour les mêmes courses avec 20 données et
finalement avec 40 données. En conclusion, peu importe la quantité de données remises, le niveau d’exactitude restait le même chez ces parieurs. Toutefois, la confiance des bookmakers montait en flèche, à mesure que le nombre de données s’accroissait.

Comme nous avons mentionné plus haut, et tout particulièrement dans le monde de la finance, nous sommes envahis à chaque heure d’une foule de renseignements. Conjuguées ensemble, elles forment un bruit de fond nous assourdissant à la plus simple logique. Au lieu d’être
obsédés à obtenir n’importe quelles nouvelles données sur l’économie, nous devrions nous contenter de ne pas nous laisser distraire par toutes les coupures de journaux et bulletins d’information qui affectent notre jugement.

En conclusion, il est plus sage de sélectionner quelques bons principes d’investissement, ayant fait leurs preuves au cours des années, et de garder le cap, peu importe les rumeurs que nous entendons.

 

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