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Conseil financier : tendance humaine, prédire l’avenir

12 novembre 2009 | Cimon Plante | Commenter

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« Ceux qui savent, ne parlent pas et ceux qui parlent, ne savent pas ». Tels sont les mots du poète Lao-Tseu, datant du 6e siècle avant notre ère. Malgré ces paroles empreintes de sagesse, l’humain et l’industrie des services financiers persistent à investir beaucoup de temps et d’énergie à faire des prévisions sur les marchés. Ici, nous ne condamnons pas un individu désirant s’informer concernant les marchés, ni le réflexe humain d’essayer d’anticiper des événements à venir. Mais le risque réside dans l’excès de confiance et d’optimisme qu’un individu peut avoir en ses pronostics. Ces personnes sont trop confiantes en leur habileté de prédire l’avenir.

Comme preuve, la firme bostonienne Dalbar mentionne qu’entre 1985 et 2004, l’investisseur américain a obtenu un rendement de 3,7% pendant que l’indice de comparaison du S&P 500 a offert un rendement de 11,9% durant la même période. La raison : le réflexe de vouloir anticiper les tendances du marché.

Malgré ces données négatives, pourquoi l’humain s’entête-t-il à s’enfoncer dans ce chemin ? Deux raisons: l’ignorance et l’arrogance. En fait, plus un individu est confiant en son opinion, plus les résultats sont désastreux. Par exemple, une étude publiée en 1991 par Scott Plous, dans son livre The psychology of judgement and decision-making, a étudié le comportement décisionnel d’un échantillon de docteurs. Chaque médecin avait en main un cas d’étude et devait émettre un diagnostic pour le patient en question. Lorsque les médecins étaient certains de leurs diagnostics, à 90 %, seulement 15 % d’entre eux avaient émis la bonne opinion. Plus le niveau de confiance était faible, plus le bon diagnostic était trouvé. Selon la firme Dunning and colleagues, ces résultats s’appliquent aussi aux investisseurs. D’après leur étude, plus les analystes financiers ont confiance en leurs projections, plus ces gestionnaires ont de faibles résultats.

En conclusion, ne perdons pas toutes nos énergies à prédire l’imprévisible. L’important, c’est d’avoir un plan de match que l’on comprend et de ne pas y dévier selon notre humeur ou celle du marché. À long terme, ce choix simple sera plus rentable.

 

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