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Corporation des professionnels en services financiers
Nouvelle voix pour les conseillers

18 décembre 2013 | Jean-François Venne | Commenter

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Les sections régionales de la Chambre souhaitent se regrouper au sein de la Corporation des professionnels en services financiers. L’organisme aurait un mandat associatif et de représentation. Le projet suscite l’enthousiasme dans leurs rangs, mais fait grogner le RICIFQ.

« L’idée de nous regrouper au sein d’une association n’est pas nouvelle, les conseillers ont déjà eu plusieurs associations, sous divers noms, avant même la création de la Chambre de la sécurité financière (CSF) », rappelle Mario Grégoire, initiateur du projet et président de la section régionale de Laval. En 1905 déjà, le Québec comptait une Association des assureurs-vie du Canada (regroupant les associations régionales de Québec et de Montréal). Cette organisation devient, en 1959, l’Association provinciale des assureurs-vie du Québec, laquelle se transforme, 20 ans plus tard, en association de membres y adhérant sur une base volontaire. En 1989, après être devenue l’Association des intermédiaires en assurance de personne du Québec, son mandat est élargi et l’adhésion devient obligatoire.

Mais c’est vraiment la création de la Chambre de la sécurité financière, en 1999, qui bouleverse le partage des responsabilités entre l’organisation centrale et ses sections régionales, principalement reléguées à l’offre de formation continue et au réseautage. « Nous avons aujourd’hui la chance de redonner aux sections régionales l’occasion de former une véritable association provinciale avec un mandat plus large », avance Mario Grégoire.

De son côté, la Chambre se replierait sur son rôle d’autoréglementation. Distinguer ainsi la réglementation d’un côté, et le rôle associatif et de représentation de l’autre, placera la CSF en accord avec l’esprit des nouvelles normes en matière de gouvernance des organismes publics, lesquelles préconisent de bien distinguer ces deux types d’activités.

Rappelons qu’en 2008, l’Association canadienne des courtiers en valeurs mobilières (ACCOVAM) s’est scindée en deux entités distinctes pour répondre à cette préoccupation, soit l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières (OCRCVM) pour la réglementation et l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières (ACCVM) pour la défense des intérêts de ses membres.

La CSF accompagnera les sections régionales dans ce projet. « La Chambre entend les soutenir vers leur autonomie juridique, confirme son porte-parole Bruno Leblanc. Un soutien financier est d’ailleurs envisagé. Le projet semble bien engagé pour un dénouement en 2014. »

De son côté, l’Autorité des marchés financiers demeure prudente et attendra d’analyser tous les détails du projet avant de se prononcer.

En chiffres

  • – En 2012, les sections régionales de la CSF ont tenu 252 activités de formation continue, pour lesquelles elles ont recensé 12 495 présences.

Source : Rapport annuel 2012 de la CSF

Un travail de conviction

Mario Grégoire l’admet sans peine, il a dû travailler fort pour convaincre l’ensemble des sections régionales de la pertinence de ce projet. « C’est normal, dit-il, elles étaient loyales à leurs membres et à leur bureau de direction et tenaient à s’assurer de la survie d’une association bien ancrée dans leur région. Les dirigeants avaient une certaine méfiance face à l’idée de défaire le cadre auquel ils sont habitués. »

Gaétan Simard, président de la section régionale de Duplessis, se souvient très bien de ses propres interrogations du début et de celles de nombreux autres présidents de section. « Deux des inquiétudes majeures concernaient la capacité d’une telle organisation de se financer, et la crainte de perdre la formation continue, dit-il. De plus, les présidents de section sont des bénévoles et s’inquiétaient d’une éventuelle augmentation de leur somme de travail. D’autant plus que les premières discussions laissaient planer la possibilité de vivre 10 années de transition sur les plans de la réorganisation des finances et de l’offre de services, ce qui semblait colossal. » Mais à force de discuter du projet et d’en préciser les contours, tous les présidents de section se sont ralliés et soutiennent désormais la nouvelle corporation.

Selon Mario Grégoire, ce ralliement vient du fait que les sections régionales ont vite compris que l’objectif n’était pas de les éliminer, mais au contraire de leur donner plus de pouvoir. « Présentement, il se donne beaucoup de formation en ligne, et la Chambre elle-même en offre beaucoup, poursuit-il. Les sections régionales menaçaient de s’étioler et de perdre leur pertinence. Là, elles pourront avoir un second souffle. » Les présidents des sections siégeront au conseil d’administration de la nouvelle corporation.

À la suite d’une proposition d’Yves Guillot, président de la section de l’Outaouais, Mario Grégoire s’est vu confier le poste de dirigeant et porte-parole de la future corporation. Il devrait en être nommé président lors de l’annonce officielle de la naissance de la corporation, prévue lors de l’assemblée générale de la Chambre en juin 2014. Le congrès de constitution, lui, se tiendrait à l’automne de la même année. « J’ai proposé cela en novembre, puisque la présentation devant le CA de la Chambre, prévue le 5 décembre, s’en venait à grands pas, confie Yves Guillot. Il nous fallait un leader, et un consensus entre nous sur le projet. Tous les présidents de section ont appuyé la nomination de Mario Grégoire. »

La nouvelle corporation sera appelée à intéresser le public, à lui expliquer le travail des professionnels en services financiers, et ultimement à défendre la profession, sans pour autant se transformer en organisation militante. « Nous aurons environ 32 000 membres, lesquels servent plusieurs centaines de clients chacun, avance Mario Grégoire. Cela nous donne un poids suffisant pour espérer être écoutés par les régulateurs et agir, en quelque sorte, comme un lobby pour les conseillers. »

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