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Cotiser à un REER ou rembourser ses dettes ?

9 juillet 2010 | Commenter

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reer2Les personnes qui doivent de l’argent à des créanciers devraient-elles accorder la priorité au remboursement de leurs dettes ou cotiser à un REER ?

La chroniqueuse Gail Bebee, de Morningstar Canada, apporte des éléments de réponse à cette question classique, mais qui continue de confondre nombre d’épargnants. Malheureusement, il n’existe pas de règle d’or à ce sujet, dit-elle. Cela dépend de la situation personnelle de chacun.

« Si c’est dans votre nature d’être gêné par le fait de devoir de l’argent et de faire face à des remboursements mensuels, réduire votre dette peut être votre meilleure option si cela vous permet de dormir sur vos deux oreilles. Parce que Revenu Canada laisse le contribuable reporter aux années futures les droits de cotisation non utilisés, cette approche n’est pas non plus sans intérêt du point de vue financier », explique-t-elle.

Gail Bebee passe en revue les dettes traditionnelles et donne son point de vue sur les façons les plus judicieuses de les gérer.

L’hypothèque
Si le gros de la dette consiste en un prêt hypothécaire, le choix de rembourser celui-ci en priorité ou de cotiser à un REER repose sur l’anticipation des rendements attendus du REER. En règle générale, si on croit que le taux de rendement du REER sera supérieur au taux d’intérêt de l’hypothèque, « une cotisation au REER est le choix le plus rentable », estime-t-elle. Avec les taux d’intérêt inhabituellement bas qui ont cours à l’heure actuelle (on trouve des prêts fixes de cinq ans à 5 % et des prêts à taux variable encore moins cher), il se pourrait qu’une cotisation au REER soit la solution la plus logique. En effet, le taux de rendement réaliste à long terme d’un portefeuille diversifié placé dans un REER est de 6 % à 8 %.

Mais, tant qu’à y être, pourquoi ne pas faire les deux, c’est-à-dire cotiser à un REER et utiliser le remboursement d’impôt pour diminuer la dette hypothécaire ? En effet, un épargnant québécois qui contribue 10 000 $ à son REER devrait recevoir un remboursement d’impôt de 5 180 $. « Appliquer ce montant à la réduction d’une dette personnelle est une excellente façon de résoudre l’énigme dette ou REER », souligne Gail Bebee.

Les cartes de crédit
La solution est facile : le remboursement du solde des cartes de crédit doit figurer au sommet de la liste des priorités. Pourquoi ? Parce que les taux d’intérêt exigés tournant autour de 20 % par année, il faudrait que le portefeuille REER génère 22 % ou plus pour équivaloir au rendement obtenu en remboursant le solde des cartes de crédit.

Les prêts auto
Les taux d’intérêt pour ce type d’emprunts sont en moyenne de 7 % cumulés mensuellement. Un REER devrait produire un rendement d’au moins 7,2 % pour qu’on parvienne à un résultat similaire au remboursement d’un prêt auto. Toutefois, l’effacement de la dette se traduit par un rendement garanti, alors que ce n’est pas le cas des cotisations REER.

Les prêts étudiants
Ici, c’est un peu plus compliqué. En effet, le taux d’intérêt des prêts étudiants est souvent plus bas que celui de prêts ordinaires à la consommation. De plus, il faut considérer l’impact fiscal positif du crédit d’impôt fédéral sur les intérêts payés pour les prêts admissibles. « Il vous faudra faire les calculs qui conviennent à votre situation personnelle, mais, pour beaucoup de personnes, utiliser l’argent pour cotiser à un REER sera l’option la plus bénéfique », indique Gail Bebee.

Enfin, la chroniqueuse n’est pas une adepte des prêts REER. Ce peut être une « bonne idée », mais seulement dans des circonstances précises : l’épargnant se situe dans une fourchette d’imposition marginale élevée, son remboursement d’impôt sera appliqué à l’emprunt ou il remboursera son prêt avant la prochaine saison des REER.

« Au lieu d’emprunter pour cotiser au REER, je recommande que vous restructuriez votre budget pour l’année à venir (et après) pour y inclure un transfert automatique d’argent de chaque chèque de paye sur votre compte REER », suggère Gail Bebee.

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