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Justice

Crime organisé : une entrepreneur dit s’être fait prendre en otage

11 septembre 2015 | La rédaction | Commenter

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Après avoir révélé que le crime organisé aurait « infiltré » la Bourse, le Journal de Montréal croit avoir trouvé une victime de ces « stratagèmes frauduleux ».

Dans une déclaration sous serment, Nino De Santis affirme s’être fait dire en 2009 que sa vie pourrait être mise en danger s’il ne participait pas à un stratagème frauduleux de pump and dump, qui consiste à encourager les investisseurs à acheter des actions afin de faire grimper leurs valeurs, avant de les revendre au gros prix.

À l’époque, M. De Santis tente de développer une technologie qui permettrait aux voitures de rouler avec un biocarburant à base d’alcool. En proie à des problèmes financiers, il se fait approcher par un groupe de promoteurs montréalais qui se prétend spécialisé dans les actions de pacotille. Il raconte aujourd’hui que cette société a commencé à faire la promotion à la Bourse de son entreprise, Tectane, alors même qu’aucun contrat n’avait été signé.

Vingt et un communiqués sont diffusés durant l’année 2009, tous vantant les prouesses de la technologie et la bonne santé de l’entreprise. Le problème, c’est que rien de tout cela n’est vrai.

Nino De Santis raconte aujourd’hui ne pas avoir dénoncé le stratagème à l’époque, par peur des représailles.

490 000 $ D’AMENDES

Rappelons que De Santis a plaidé coupable devant l’Autorité des marchés financiers (AMF). En 2012, il est en effet condamné pour pratique illégale de courtier et aide au placement sans prospectus, ainsi que pour avoir déclaré que les actions de la compagnie Tectane seraient admises à la cote.

On lui reprochait, ainsi qu’à deux comparses eux aussi condamnés, d’avoir recruté des investisseurs désireux d’acheter des actions de sa société en leur faisant miroiter que leur valeur allait considérablement augmenter grâce à l’entrée imminente en Bourse de cette compagnie.

Ils certifiaient notamment que Tectane valait 700 millions de dollars, que la Banque mondiale faisait partie des investisseurs et que le chanteur Bono allait prochainement s’afficher dans les médias à leurs côtés.

En 2014, il est condamné, en compagnie de deux autres personnes, à payer des amendes de 490 000 $ dans ce dossier.

Si Nino De Santis sort aujourd’hui de son silence, c’est qu’il a décidé de refuser de mentir plus longtemps, quelles qu’en soient les conséquences, affirme-t-il.

Contacté par Conseiller.ca, le porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, a quant à lui répondu ne pouvoir faire aucun commentaire sur des dossiers qui pourraient, de près ou de loin, être toujours actifs auprès des enquêteurs de l’Autorité.

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