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Économie

Crise économique : de meilleures performances pour les coopératives?

11 juin 2013 | Ronald McKenzie | Commenter

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Au cours de la dernière crise économique mondiale, les coopératives financières européennes ont enregistré de meilleures performances que les banques privées traditionnelles, affirme l’Organisation internationale du travail (OIT).

En effet, le fait qu’elles appartiennent à leurs clients les a aidées à se prémunir contre les aléas des marchés. « Contrairement aux banques privées, elles maintiennent de très bons taux d’intérêt, augmentent leurs fonds propres et leur clientèle, et la minorité d’entre elles qui ont subi des pertes ont rapidement rebondi et connaissent à nouveau la croissance », constate l’OIT.

Les auteurs de l’étude notent que les coopératives financières et les banques privées suivent souvent deux modèles commerciaux distincts : les coopératives sont aux mains de leurs sociétaires et ne sont pas guidées par le profit. Chaque membre détient une part sociale qui lui donne un droit de vote au conseil de direction. Tous les bénéfices réalisés sont mis en réserve et finalement reversés aux membres sous forme de dividendes annuels ou de baisse des produits financiers.

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Au contraire, les banques privées sont mues par la nécessité de maximiser les profits pour leurs actionnaires, ce qui conduit certaines d’entre elles à prendre de plus grands risques dans leurs investissements. Ce scénario aurait déclenché la crise bancaire mondiale de 2007-2008, dit l’OIT.

Une fois la crise financière passée, presque toutes les coopératives européennes qu’a examinées l’OIT ont dépassé le seuil de 8 % de fonds propres de première catégorie.

En avril 2009, alors que beaucoup de banques traditionnelles étaient en difficulté, les coopératives financières affichaient la cote A, et même davantage. Comme celles-ci sont entrées dans la crise avec des marges plus solides, leur stabilité financière était plus forte que celle des banques privées en 2007, rapporte l’OIT.

Leurs profits se sont améliorés par rapport aux banques traditionnelles entre 2003 et 2010, avec des taux de rendement de 7,5 % contre 5,7 % pour les banques commerciales.

À l’échelle mondiale, les caisses mutualistes ont connu de fortes hausses de l’épargne, des réserves et des prêts entre 2007 et 2010, même s’il y eut d’abord un ralentissement dans l’immédiat après crise financière. Les données montrent que, dans plusieurs pays, les clients ont opté pour placer leur épargne dans un lieu plus sûr que les banques privées.

Certaines banques coopératives et caisses mutualistes « centrales », qui président une fédération de coopératives financières, ont enregistré des pertes, mais peu d’entre elles ont eu recours à l’aide gouvernementale.

« La crise bancaire a confirmé que les coopératives financières se caractérisent par la stabilité et l’aversion pour le risque. La plupart s’en sont sorties sans avoir besoin du sauvetage des gouvernements, sans cesser d’accorder des prêts aux particuliers et aux entreprises, faisant l’admiration d’un nombre grandissant de personnes déçues par le « capitalisme casino » », souligne l’OIT.

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