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Économie

La crise financière aussi nocive pour les bébés que le tabac

30 mars 2016 | La rédaction | Commenter

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medecin_bebe_enfant_assurance_medicament_425La crise financière de 2008 n’a pas seulement détruit de la richesse et fabriqué des millions de chômeurs, elle a également eu des conséquences indirectes plus inattendues, révèle Le Monde.

Selon les récents travaux d’Arna Vardardottir, professeure de finance à l’école de commerce de Copenhague (Danemark), la perte d’un emploi ou des difficultés financières à répétition représentent une importe source d’anxiété pour n’importe quel être humain.

Toutefois, lorsque ce stress atteint une femme enceinte, il a un effet nocif sur les nouveau-nés.

« EFFONDREMENT BRUTAL »

Dans une étude intitulée The hidden victims of the Global Crisis (Les victimes cachées de la crise mondiale), publiée la semaine dernière sur le site de vulgarisation économique VoxEU.org, la chercheuse a passé au crible les statistiques néonatales de son pays d’origine, l’Islande.

Un bon terrain d’étude en effet, puisque durant la crise de 2008, le système bancaire islandais s’était littéralement désintégré. Le cours de la monnaie avait chuté de moitié, tandis que la dette des ménages et le chômage explosaient.

«  L’effondrement a été aussi brutal qu’inattendu, ce qui m’a permis de comparer les données de naissance des enfants nés avant la crise avec celles des bébés dont la mère était enceinte depuis un à trois mois au moment où le krach est survenu  », explique Arna Vardardottir.

UNE PERTE DE POIDS DE 66 GRAMMES

Son constat est sans appel : les nouveau-nés islandais de la crise pèsent en moyenne 66 g de moins que les autres. En outre, ils sont statistiquement plus nombreux à peser moins de 2,5 kg, tandis que ceux ayant un poids supérieur à 4 kg sont plus rares.

Si, à première vue, de tels écarts semblent minimes, une différence de 66 g peut néanmoins avoir un impact décisif sur l’état de santé général, voire sur la survie des bébés lorsqu’il s’agit de prématurés, souligne Le Monde.

Selon Arna Vardardottir, il s’agit d’une perte de poids équivalente aux dommages qui surviennent lorsqu’une mère fume durant la grossesse.

DES RISQUES À LONG TERME

À titre comparatif, l’autre grande source de stress pour les femmes enceintes ayant fait l’objet d’études est le deuil. Or, celui-ci engendre une perte de poids de 23 g chez le nouveau-né, observe la chercheuse.

Sa conclusion? Il y a tout lieu de s’inquiéter des secousses financières qui continuent d’agiter les pays développés et des conséquences qu’elles risquent d’avoir à long terme sur la santé publique et la viabilité des systèmes sociaux.

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