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Goldman Sachs payera une amende de plus de 5 G$

13 avril 2016 | La rédaction | Commenter

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tirelire_loi_justice_cour_fraude_401Goldman Sachs a finalisé lundi un accord de 5,06 G$ destiné à solder un litige portant sur des crédits immobiliers adossés à des produits financiers complexes à l’origine de la crise de 2008, rapporte l’Agence France-Presse.

Ce compromis, qui intervient près de trois mois après la signature d’une entente de principe entre la banque d’affaires et les autorités fédérales, a été annoncé par le ministère américain de la Justice (DoJ).

L’établissement était accusé « d’avoir vendu de 2005 à 2007 un portefeuille titrisé de prêts hypothécaires résidentiels, c’est-à-dire des crédits immobiliers convertis en produits financiers » qui avaient ensuite causé d’énormes pertes à de nombreux investisseurs, précise l’AFP.

AIDE AUX INVESTISSEURS LÉSÉS

Plus spécifiquement, Goldman Sachs s’est vu infliger une amende de 2,4 G$. Mais la firme new-yorkaise devra aussi verser 875 M$ à des acheteurs lésés et 1,8 G$ pour les dédommager sous différentes formes.

Elle a par exemple accepté de financer les travaux de réhabilitation des maisons de certains ménages, d’aider à restructurer la dette d’investisseurs ruinés ou encore de financer certains programmes de prévention de saisies immobilières.

En échange, les autorités fédérales ont renoncé à engager des poursuites judiciaires à son encontre.

LA WELLS FARGO AUSSI

Dans le même registre, la Wells Fargo a également écopé vendredi d’une amende de 1,2 G$ afin de mettre un terme aux poursuites engagées contre elle devant des tribunaux new-yorkais et californien par les autorités américaines, rapporte l’AFP.

L’institution financière, qui est à l’origine d’un prêt immobilier sur cinq aux États-Unis, a admis avoir eu des pratiques « abusives » entre mai 2001 et décembre 2008, a précisé le DoJ dans un communiqué.

Banques : une justice à deux vitesses

Si, depuis la crise financière, les conflits juridiques entre le DoJ et les banques américaines ont donné lieu à des règlements financiers, leurs directeurs ont jusqu’à maintenant toujours été épargnés, note Le Temps

Citant le travail d’enquête de Jessey Eisinger, un journaliste lauréat du prix Pulitzer pour ses articles sur les pratiques illégales de Wall Street, le quotidien suisse rapporte que certains directeurs d’entreprises ont par exemple été innocentés simplement parce que les procureurs avaient montré le mauvais graphique du cours de l’action de leur société.

« GROUPES D’INTÉRÊTS »

Dans une longue entrevue accordée au blog ProMarket.org, qui vient d’être lancé par le Stigler Center de l’université de Chicago, le journaliste d’enquête dénonce la « capture du marché par des groupes d’intérêts ». Et il affirme que l’extrême mansuétude dont ont bénéficié les directeurs des institutions financières prises en faute est en grande partie due à « un manque de volonté » et à « une réduction des ressources » du DoJ.

Sa conclusion : aux États-Unis, aujourd’hui, « le principal avantage de la classe au pouvoir réside dans la capacité de commettre des crimes en toute impunité ».

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