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Croissance à la hausse pour l’industrie financière québécoise

14 juin 2016 | La rédaction | Commenter

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plante_argent_croissance_hausse_nature_monnaie_425À 4,2 %, la croissance de l’industrie financière québécoise a largement dépassé sa moyenne des cinq dernières années (2,6 %) en 2015, peut-on lire dans le plus récent Rapport annuel sur les institutions financières de l’Autorité des marchés financiers (AMF).

Au total, le secteur représente 6,4 % du PIB québécois.

Une comparaison entre 2005 et 2015 permet de distinguer les effets de la rationalisation des opérations de certains groupes, notamment Desjardins. Ainsi, sur une décennie, le nombre d’assureurs de personnes et de dommages a chuté de 13,6 %, celui des coopératives de services financiers au Québec de 40,8 % et celui des sociétés de fiducie de 5,1 %. Seules les sociétés d’épargne sont plus nombreuses, passant de sept à huit.

CE QUE SURVEILLE L’AMF

Ce rapport est aussi une bonne occasion d’apprendre ce sur quoi l’AMF garde un œil en ces temps mouvementés. La persistance des bas taux d’intérêt retient notamment son attention, l’AMF craignant qu’un accès trop facile au crédit hypothécaire n’entraîne une hausse de l’endettement des ménages. Le ratio dette sur revenu disponible des ménages québécois dépassait 150 % en 2015, un niveau plus faible que la moyenne canadienne, mais tout de même à surveiller.

En 2013, le Mouvement Desjardins était désigné institution financière d’importance systémique intérieure. Et pour cause. La valeur des actifs du Mouvement équivaut présentement à 66 % du PIB québécois. En 2005, ce niveau plafonnait à 42 %. L’AMF se préoccupe donc fortement de la santé de la coopérative, notamment en ce qui concerne le risque de crédit.

Rassurante, elle révèle qu’en 2015, Desjardins comptait sur un ratio total des fonds propres de 17,2 %, lequel reste bien au-delà du minimum réglementaire de 11,5 % et de la médiane des grandes banques canadiennes (14 %).

SUIVRE L’ÉVOLUTION DES TECHNOLOGIES

L’industrie financière rencontre de plus en plus de défis technologiques et l’AMF en tient compte. En plus de les relever dans son rapport, elle a annoncé lundi la mise sur pied d’un groupe de travail sur les FinTech. Son mandat : analyser les innovations technologiques dans le secteur financier et anticiper les enjeux en matière de réglementation et de protection des consommateurs.

L’enjeu principal est bien entendu de faire évoluer la réglementation assez rapidement pour encadrer les innovations technologiques qui surgissent de tous les côtés. Partout dans le monde, on constate l’irruption de startups proposant des conseillers-robots, des monnaies cryptographiques (Bitcoin, GreenCoinX, Dash, Dogecoin, etc.) ou encore des mouvements peer-to-peer, où les utilisateurs mettent leurs ressources en commun pour partager des risques sans passer par un assureur.

L’AMF reconnaît que certaines nouvelles technologies augmentent la concurrence dans le secteur et se défend de vouloir en freiner l’évolution. Mais elle s’inquiète du peu d’encadrement dont elles font l’objet et, surtout, des déficiences quant à la protection des consommateurs. Des défis que le nouveau groupe de travail devra aider à surmonter.

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