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Économie

Dans certains pays riches, la classe moyenne s’amenuise

7 mai 2014 | Rémi Maillard | Commenter

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Au Canada, aux États-Unis, en France ou en Autriche, la montée des inégalités depuis 30 ans a entraîné une érosion des classes moyennes, indique un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) publié lundi.

Intitulé Rendre la croissance plus inclusive (en anglais), ce document souligne que, depuis le début des années 1980, les bénéfices de la croissance ont été captés de façon disproportionnée par les plus hauts revenus.

Au pays, par exemple, les 1 % les plus aisés se sont appropriés 37 % de la hausse totale des revenus entre 1976 et 2007. Chez nos voisins du Sud, cette proportion atteint 47 %, tandis qu’en Grande-Bretagne et en Australie elle est d’environ 20 %.

Le fossé entre riches et pauvres se creuse

En 2010, dans l’ensemble des pays de l’OCDE, le revenu moyen des 10 % les plus riches de la population était 9,5 fois supérieur à celui des 10 % les plus pauvres, alors qu’il n’était que sept fois supérieur il y a 25 ans.

Et depuis que la crise financière a éclaté, « le fossé entre riches et pauvres se creuse encore plus rapidement », note l’OCDE.

Cette hausse des inégalités a entraîné une érosion des classes moyennes, spécialement aux États-Unis, en Autriche, en Australie, au Canada et en France. Dans ces pays, la part de revenus compris entre les 20 % les plus pauvres et les 20 % les plus riches a baissé au fil des ans.

Dans les pays émergents

À l’inverse, la croissance dans les économies émergentes ou les pays en développement a eu pour effet d’accroître la part des classes intermédiaires. Celles-ci sont définies par un revenu moyen par jour et par habitant compris entre 10 et 100 $.

Toutefois, cette nouvelle classe demeure fragile, souligne l’OCDE. En Afrique, par exemple, la moitié des 300 millions de personnes qui en font partie risque de retomber dans la pauvreté en cas de décès d’un membre de la famille ou d’un événement défavorable, selon le document.

« Les inégalités ébranlent les sociétés et sont néfastes pour les économies, explique Angel Gurría, secrétaire général de l’Organisation. Il ne suffit pas de mettre en œuvre des politiques de croissance, il faut aussi veiller à ce que les effets positifs de cette croissance soient partagés par tous. C’est aujourd’hui l’un des défis les plus urgents auxquels nous sommes confrontés. »

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