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Dans la mire de l’IQPF

11 juin 2014 | Jean-François Venne | Commenter

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Quart de siècle ou pas, l’IQPF n’a pas l’intention de s’asseoir sur ses lauriers. Une fois soufflées les bougies du gâteau d’anniversaire, ses dirigeants retrousseront leurs manches pour affronter des défis de taille.

Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis que Jean-Guy Grenier a participé à la fondation de l’Institut québécois de planification financière (IQPF), en 1989. L’organisme a acquis au fil des ans ses lettres de noblesse, et rares sont désormais ceux qui contestent sa pertinence. Malgré tout, les prochaines années lui réservent quelques défis de taille. Désormais membre à vie de l’Institut, Jean-Guy Grenier se réjouit de la qualité de la nouvelle génération installée aux commandes de l’IQPF. « Ils sont relativement jeunes, et ont une vision que je qualifierais de plus “évoluée” de notre métier, dit-il. Cela les aidera à affronter de nouveaux défis. »

Les dates clés

  • 1989 Création de l’IQPF
  • 1992 Première remise officielle du diplôme de planificateur financier
  • 1997 Premier congrès annuel
  • 1999 La formation continue devient obligatoire
  • 2004 Première édition des Normes professionnelles, et dépôt d’une demande de création d’un ordre professionnel des planificateurs financiers (rejetée par l’Office des professions du Québec)
  • 2005 Exigence du baccalauréat pour obtenir le diplôme de l’IQPF
  • 2010 L’IQPF accorde le statut d’affilié à tous les planificateurs financiers accrédités du Québec et devient membre du FPSC
  • 2011 L’IQPF rallie la Coalition pour l’établissement de normes professionnelles pour les planificateurs financiers
  • 2012 Accord de réciprocité avec l’Association française des Conseils en gestion de patrimoine certifiés (CGPC)

Pour s’assurer de voir venir rapidement ces obstacles, Francine Beaulieu, conseillère en gestion et représentante du public au conseil d’administration de l’Institut, œuvre depuis quelques années à améliorer la gestion du risque de l’organisme. « Il faut détecter bien à l’avance les dangers, mais aussi les opportunités, afin d’assurer la pérennité et la qualité de l’IQPF, dit-elle. Par exemple, il faut être constamment vigilant pour s’assurer que nos formations correspondent aux standards de l’industrie et permettent aux planificateurs financiers de jouer pleinement leur rôle auprès du public. »

Aussi rare qu’un médecin de famille?

Nul besoin de scruter l’horizon pour voir surgir le principal défi de l’IQPF : le recrutement de la relève. Actuellement, le nombre de planificateurs financiers âgés de 31 à 50 ans décline chaque année, alors que celui des plus de 50 ans grimpe. Et malgré une augmentation du nombre de diplômes décernés annuellement, passé de 118 à 187 entre 2008 et 2013, l’Institut n’arrive pas à combler les départs.

Pour Jocelyne Houle-LeSarge, PDG de l’IQPF, le planificateur financier se compare un peu à un médecin de famille… pour les finances. Tout le monde devrait y avoir accès facilement. Une comparaison qui pourrait aussi éventuellement valoir quant à leur rareté. Elle en est bien consciente, et soutient que l’organisme se démène pour attaquer de front ce problème.
« Nous ne ménageons pas les efforts face à ce qui est peut-être notre plus grand enjeu, affirme-t-elle. En plus d’être omniprésents sur les campus, nous avons créé un programme exécutif nous permettant de recruter des gens déjà en emploi, dotés d’un baccalauréat dans un domaine autre que l’administration ou les finances, donnant habituellement accès à notre formation. » En 2013-2014, 180 personnes étaient inscrites à ce programme.

Plaire à tous

La formation est le cœur de la mission de l’IQPF. Mais il est difficile de plaire à tous. Certains trouvent les formations trop chères. Au tarif habituel, il en coûte 1 380 $ sur deux ans pour suivre les formations continues obligatoires. L’IQPF offre un prix spécial de 1 200 $ aux acheteurs d’un forfait, payable sur un an. Selon Jocelyne Houle-LeSarge, il serait difficile de faire mieux. « Développer des cours de cette envergure coûte cher, dit-elle, et il faut aussi investir dans le contrôle de la qualité. »

Pour Larry Bathurst, planificateur financier à Planex Solutions financières inc., le rapport qualité-prix importe plus que le coût. Sans vouloir nommer personne, il se rappelle avoir été déçu d’une formatrice qui peinait à répondre aux questions dès que celles-ci devenaient un peu pointues. Il ne la sentait pas en plein contrôle de sa matière, ce qui lui a déplu.

À l’inverse, une formation sur la fiscalité l’a ravi, mais lui a fait prendre conscience d’un autre problème. Dans la première formation, qui restait plus en surface, ceux qui n’avaient pas beaucoup de connaissances suivaient bien le cours, alors que les autres s’impatientaient. Mais dans la seconde, plusieurs avaient de la difficulté à suivre. « De plus en plus de gens portent le titre de planificateur financier, mais ne font pas vraiment de planification financière au quotidien, dit-il. Ils vendent de l’assurance ou des fonds de placement… Pour eux, il devient difficile de bien saisir les propos tenus dans une bonne formation. »

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Notre dossier sur les 25 ans de l’IQPF :

Far West et cowboys
Paroles d’ex-présidents
Dans la mire de l’IQPF
D’un océan à l’autre
La grande dame de l’IQPF


Ce texte est paru dans l’édition d’avril 2014 de Conseiller. Cliquez ici pour consulter l’ensemble du numéro.

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