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Économie

Des Bourses accro aux mesures d’assouplissement

4 avril 2012 | Commenter

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Les investisseurs boursiers auraient développé une dépendance aux mesures d’assouplissement quantitatif de la Réserve fédérale américaine, soutient l’analyste Ed Yardeni.

Le président de la firme Yardeni Research commente ainsi la mauvaise humeur des investisseurs qui ont réagi vivement aux propos de la Fed. Mardi, la banque centrale américaine a indiqué qu’il n’était plus vraiment nécessaire, pour l’heure, d’intervenir afin de stimuler l’économie des États-Unis.

Presque instantanément, l’indice Dow Jones a cédé 133 points avant de se ressaisir pour effacer la moitié de ce recul. La descente a repris de plus belle le lendemain : mercredi, le Dow fléchissait de plus de 1 % en mi-séance. «Les investisseurs semblent être devenus accro aux programmes de la Fed», a illustré Ed Yardeni.

Est-ce une coïncidence? Toujours est-il que, depuis trois ans, les marchés auraient besoin de stimuli financiers pour garder la tête hors de l’eau, constate l’expert. Ainsi, l’indice S&P 500 a progressé de 21 % depuis que les autorités monétaires américaines ont lancé l’Opération Twist en septembre dernier. Cette mesure de la Fed consistait à convertir des obligations à court terme en titres à long terme dans le but de faire diminuer les rendements obligataires.

Ce même S&P 500 a bondi de 36 % entre novembre 2008 et mars 2010, période durant laquelle la Fed a mis en place le premier volet des mesures d’assouplissement quantitatif afin de sortir l’économie américaine de la crise financière. Lorsque la Fed est revenue à la charge avec son second volet, le QE2, le S&P 500 a avancé de 24 %.

Question : maintenant que la Fed ne désire plus intervenir, les Bourses peuvent-elles poursuivre sur leur lancée sans l’aide d’une béquille financière?

Ed Yardeni croit que oui. Au cours des dernières semaines, l’économie américaine a montré des signes encourageants, préludes à une reprise peut-être durable. « Le marché de l’emploi s’améliore nettement, ce qui accroît la confiance des consommateurs. Les ventes de véhicules neufs progressent, malgré la hausse du prix de l’essence », note-t-il.

Mais il en faudra davantage pour rasséréner les investisseurs. Au moindre signal laissant entrevoir des lendemains difficiles, comme en Europe, ils se ruent hors des marchés.

Les Bourses en sont un exemple éloquent, et c’est aussi le cas avec l’or. Le cours du précieux métal en a pris pour son rhume dernièrement. Au moment de mettre en ligne, il se négociait à 1615 $US l’once, à son plus bas niveau des 12 dernières semaines. Même les valeurs refuges ne peuvent réconforter les investisseurs devenus accro aux mesures gouvernementales.

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