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Des maires en colère contre Desjardins

27 février 2018 | La rédaction | Commenter

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Complexe_Desjardins_2016_425x283Plusieurs fermetures de guichets automatiques et de comptoirs Desjardins dans des villages en région suscitent la colère des élus locaux. 

« On a proposé que la municipalité paie pour le guichet, qui coûte 75 000 dollars, selon ce que la caisse nous a dit. Mais ils nous ont répondu que ça ne se faisait pas. (…) Ils vont tuer des villages, ça va faire ben mal », dénonce Denis Légaré, maire de Notre-Dame-de-la-Salette, dans l’Outaouais.

Les craintes sont les mêmes dans le Bas-Saint-Laurent, dans les Bois-Francs et ailleurs au Québec, explique La Presse+, qui rappelle que des élus et des citoyens font notamment circuler des pétitions pour tenter d’obtenir le maintien de services financiers dans leurs localités.

CERTAINS VILLAGES PRÊTS À « AIDER » LE MOUVEMENT

Dans la région Chaudière-Appalaches, deux villages se sont même dits prêts à payer pour un guichet automatique et son entretien. Les maires de Saint-Roch-des-Aulnaies et de Sainte-Louise ont en effet proposé au Mouvement de l’« aider » sous plusieurs formes, par exemple en mobilisant la population pour faire augmenter le nombre des membres de la coopérative financière sur le plan local, ou encore en organisant des « soupers méchoui ».

Dans une lettre récemment adressée au président du conseil d’administration de la Caisse de l’Anse de La Pocatière, André Simard et Denis Gagnon affirment notamment « très bien comprendre » que les chiffres « ne militent pas en faveur du maintien de ces services » et que la décision de les supprimer repose sur « un mouvement de rationalisation [qui] prend son origine de plus loin », c’est-à-dire « des hautes instances situées dans la stratosphère financière » et « loin du monde ordinaire et du besoin (…) des communautés ». Mais ils ajoutent que, selon eux, ce mouvement devrait être stoppé pour préserver le tissu économique et social de leurs villages.

Pour cela, les deux élus font plusieurs propositions en vue de « maintenir la présence du guichet automatique encore quelques années ». Soulignant que puisque l’argument principal de Desjardins est essentiellement financier, en l’occurrence « l’obligation de changer le guichet devenu désuet au plan technologique », ils se disent prêts à « aider » l’institution financière à « financer les coûts d’un nouvel appareil et de son entretien annuel », soit un montant compris entre 20 000 et 30 000 dollars, selon eux. Par exemple en mobilisant la population « pour accroître non seulement le nombre de membres mais aussi les inciter à faire désormais affaire ou à transférer leurs placements chez Desjardins ».

LA GROGNE DES ÉLUS EST PALPABLE DANS PLUSIEURS RÉGIONS

Cependant, La Presse+ souligne que, « partout, les caisses locales ont rejeté ces solutions ». Une situation qui exaspère les maires des villages touchés, car ceux-ci jugent que Desjardins, en tant que coopérative, devrait se préoccuper des besoins de ses membres tout autant que des impératifs financiers, explique le quotidien montréalais. « C’est comme si les particularités des régions ne comptaient pas pour les hautes instances à Montréal », déplore Louis-Georges Simard, maire de Rivière-Ouelle, dans le Bas-Saint-Laurent. La grogne se manifeste de la même façon dans plusieurs régions, bien qu’il n’y ait pas de mouvement concerté des élus dans l’ensemble de la province, ajoute le journal.

En réponse à ces inquiétudes, le Mouvement répond qu’il n’a d’autre possibilité que de s’adapter à la baisse de fréquentation des guichets automatiques et des services au comptoir, due à l’augmentation de l’utilisation des services en ligne. Selon l’institution financière, seules 2 % des transactions sont aujourd’hui effectuées dans des points de service et 7 % au guichet, tandis que 49 % des transactions sont faites sur Internet.

La Presse+ relève toutefois que le président et chef de la direction de Desjardins semble depuis quelques jours « montrer une plus grande ouverture aux compromis ». Ainsi, dans une récente entrevue accordée au Soleil, Guy Cormier indique « chercher des solutions ». Le dirigeant y évoque notamment les pistes suivantes : « Est-ce que le guichet pourrait être installé à l’hôtel de ville? Est-ce qu’on pourrait partager un employé de l’hôtel de ville et de la caisse? Durant la semaine, il pourrait travailler un certain nombre d’heures pour la Ville et un autre nombre d’heures pour la caisse. »

QUAND UN GUICHET DEVIENT-IL RENTABLE POUR DESJARDINS?

Notant qu’aucun élu local à qui elle a parlé lundi n’était au courant de ces solutions, La Presse+ souligne que dans certains villages concernés par la vague de fermetures, comme Rivière-Ouelle et Notre-Dame-de-la-Salette, les guichets Desjardins sont déjà installés dans les locaux municipaux.

Les retraits de guichets automatiques sont liés au déploiement de nouveaux appareils par les caisses à partir de l’automne prochain, explique le quotidien, qui précise que ces machines offriront de nouvelles fonctionnalités, comme le dépôt sans enveloppe et l’écran tactile. Or, plutôt que d’investir des milliers de dollars pour en installer partout où elles étaient jusqu’à maintenant présentes, plusieurs caisses préfèrent les retirer de certaines petites localités, estimant qu’elles ne sont pas assez utilisées.

Le problème, selon La Presse+, c’est que la direction de Desjardins refuse d’indiquer le nombre minimal de transactions pour qu’un guichet soit conservé, arguant du fait que les caisses doivent également tenir compte de la proximité d’autres points de service et du profil de leurs membres. Malgré tout, des élus municipaux se seraient fait dire qu’il faut « environ 6 000 transactions par mois » pour qu’un guichet soit rentable pour le Mouvement, indique La Presse+. En attendant que ce dossier débloque, certaines municipalités ont annoncé leur intention de changer d’institution financière pour protester contre ce qu’elles estiment être un abandon d’une partie de la mission du mouvement coopératif.

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