A A A
Établissements

Desjardins élira son nouveau PDG demain

18 mars 2016 | La rédaction | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

Desjardins_logo_425Trois candidats s’affrontent dans la course à la succession de Monique F. Leroux, à la tête du Mouvement Desjardins depuis 2008. Le prochain grand patron du plus important employeur privé du Québec entrera en fonction en avril.

La campagne s’est déroulée dans le plus grand secret, indique le magazine L’actualité. Pour ne pas dire dans la plus grande tension, puisqu’aucun cadre contacté par le magazine n’a souhaité s’exprimer publiquement. Tous, administrateurs et employés, ont évoqué la peur de représailles pour exiger l’anonymat.

Demain, « les délégués des quatre coins du Québec seront donc réunis dans la tour phare de Desjardins, à Lévis, pour connaître qui, de Guy Cormier, Robert Ouellette ou Daniel Paillé, succédera à Monique Leroux et deviendra le prochain grand patron des 46 000 employés du géant du mouvement coopératif québécois », peut-on lire.

Mais si personne n’ose prédire l’issue du vote, chacun s’accorde à dire que celui qui prendra la tête du Mouvement pour les quatre prochaines années, huit s’il est reconduit, y laissera forcément une nouvelle empreinte tant les candidats sont différents et ont des spécificités marquées.

LES CANDIDATS

Guy Cormier, tout d’abord, présenté par L’actualité comme « le fils du réseau ». Gestionnaire chez Desjardins depuis près de 25 ans, doté d’une grande capacité d’écoute, ce diplômé des HEC âgé de 46 ans pourrait bien être le choix des représentants qui souhaitent un retour du balancier vers les membres et le réseau, après des années axées sur l’optimisation et le développement international.

« S’ils cherchent une “garantie coop”, ils se tourneront certainement vers Guy, parce qu’il est “né” dans le réseau », estime un membre de la direction cité par le magazine.

Daniel Paillé est quant à lui présenté partout comme le candidat surprise. Cet ex-ministre du Parti Québécois et chef du Bloc Québécois a en effet pris tout le monde de court en annonçant sa candidature. C’est la première fois dans l’histoire récente de Desjardins que quelqu’un « de l’externe » brigue la présidence. Parmi les personnes interrogées par L’actualité, les uns parlent d’opportunisme, les autres ne comprennent pas très bien ses motivations.

Dénué du « sang vert » qui définit les employés de Desjardins, M. Paillé, 65 ans, semble désavantagé. Mais plusieurs rappellent que Mme Leroux n’était pas non plus la favorite en 2008.

Reste donc Robert Ouellette, le « Monsieur Nouvelles Technologies » du Mouvement. À 52 ans, le premier vice-président technologies et centre de services partagés peut compter sur l’importance que prennent les FinTech depuis quelques années dans le milieu bancaire. À l’affût de toutes les nouveautés en matière de technologie, l’ingénieur de formation, diplômé de Polytechnique, se dit prêt à bousculer le statu quo chez Desjardins.

UN MOUVEMENT PLUS TRANSPARENT?

Quelle décision prendront les 256 délégués demain dans l’isoloir? Certains arriveront avec leur idée en tête. D’autres attendent de voir ce que les candidats auront à leur dire lors du huis clos qui précédera le vote. Mais quelle que soit son issue, de nombreux experts espèrent que le prochain patron saura faire souffler un vent de changement sur le Mouvement.

Dans un article du Journal de Montréal, Claude Béland, ancien président de Desjardins, indique que ce qui a été fait au cours des dix dernières années n’est pas irréversible et qu’il est encore possible de revenir vers un mouvement démocratique proche des membres, d’être plus à leur écoute. Rappelons qu’il a grandement critiqué l’administration actuelle dans les dernières années.

Même discours de la part du président du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) Yves Michaud, qui espère que cette nouvelle élection permettra d’apporter un peu plus de transparence dans le processus de prise de décision.

« C’est un système de moines qu’on avait chez Desjardins, affirme-t-il au JdM. Assez fermé. Il y avait moins de démocratie que dans les banques. Je souhaite que ça change avec une nouvelle présidence. »

Le nouveau patron élu entrera officiellement en fonction le mois prochain. Il se retrouvera alors à la tête de 229 G$ en actif total, de 360 caisses au Québec et en Ontario, de près de 46 000 employés et de sept millions de membres et clients.

La rédaction vous recommande :

Loading comments, please wait.
Rogers médias numériques