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« Desjardins est bien plus présent que les banques »

16 mai 2018 | La rédaction | Commenter

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Le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, devant la première caisse mobile, entouré de Jean-Marc Michaud, président de la Caisse Desjardins des Lacs Témiscouata, et Patrick Roy, directeur général de la Caisse Desjardins du Bic–Saint-Fabien (Photo : Claude Côté, Desjardins)

Le président du Mouvement Desjardins, Guy Cormier, devant la première caisse mobile, entouré de Jean-Marc Michaud, président de la Caisse Desjardins des Lacs Témiscouata, et Patrick Roy, directeur général de la Caisse Desjardins du Bic–Saint-Fabien (Photo : Claude Côté, Desjardins)

Desjardins ne peut à lui seul assumer le rôle de moteur économique des régions et n’a de toute manière pas vocation à être « un service public », affirme Guy Cormier.

Convoqué lundi devant la Commission de l’aménagement du territoire à l’Assemblée nationale en même temps que l’Association des banquiers canadiens et la Fédération québécoise des municipalités, le président et chef de la direction du Mouvement s’est défendu d’avoir « laissé tomber » certaines localités en décidant de s’en retirer.

Soulignant que la coopérative compte aujourd’hui plus de 950 points de service et près de 2 000 guichets, qui ne représentent que 7 % de ses transactions totales, le dirigeant a rappelé que même si ses membres et clients utilisent Internet pour effectuer plus de 90 % de leurs opérations financières, Desjardins « a réussi à maintenir une présence physique plusieurs fois supérieure aux banques dans toutes les régions ».

« DESJARDINS N’EST PAS UN SERVICE PUBLIC »

« On ne peut pas nous faire porter tout le poids des services financiers au Québec. […] Ce n’est pas un service public, Desjardins », a-t-il insisté devant les parlementaires qui l’interrogeaient. Il leur a également fait remarquer qu’environ 30 % des points de service de l’institution se trouvent dans des municipalités de moins de 2 000 habitants, où les banques sont absentes. « Il y a des régions où 50 % de la population fait affaire avec nous. Alors, pourquoi Desjardins doit absolument avoir à maintenir un guichet? Nous, on est là pour nos membres. On n’est pas là pour les citoyens, on est là pour nos membres! C’est nos membres qu’on dessert. On cherche des solutions pour eux », a ajouté le patron de la coopérative.

Ce dernier a précisé que, selon lui, le développement des régions était « une responsabilité collective » qui nécessitait des actions concrètes et immédiates. « La réussite scolaire, la reconnaissance des compétences acquises à l’étranger et l’accès à Internet haute vitesse sont des outils essentiels du développement régional. J’invite les parlementaires à s’y intéresser de toute urgence, puisque c’est la vitalité économique des communautés qui nous permet d’y conserver nos points de service », a-t-il plaidé.

Guy Cormier s’est par ailleurs dit étonné des réactions de colère ou d’incompréhension suscitées par l’annonce des fermetures de points de service dans certaines localités, rapporte Le Devoir. « Quand j’entends que le guichet automatique, c’est vraiment l’outil ultime du développement d’une région, d’une municipalité, je vous le dis, je décroche. Si, c’est ça, en 2018, la dynamique d’un milieu, que ça prend un guichet absolument… Où sont les autres projets? Où sont les investissements? Qui amène les entreprises dans les régions? S’il y a des gens qui disent : c’est un service essentiel et il faut mettre des guichets partout au Québec, ces gens-là prendront les décisions qu’il faut prendre », a-t-il martelé.

« NOUS SOMMES LES DERNIERS À FERMER »

En entrevue à l’émission RDI en direct, le président de Desjardins a également mis en avant le fait que, depuis 2001, les transactions au guichet automatique avaient diminué de 30 à 40 %. Et il en a profité pour rappeler que la coopérative financière offrait un aussi grand nombre de guichets que ses concurrents, mais chaque dollar de revenu lui coûtait 70 cents, comparativement à 58 cents pour les établissements bancaires traditionnels.

« Les dirigeants de caisse côtoient la population, côtoient le milieu, prennent le temps de regarder comment les gens consomment dans leurs milieux, et ce sont eux qui prennent la décision de dire comment on fait évoluer notre réseau de distribution et de guichets et de points de service. (…) Généralement, quand Desjardins ferme un guichet automatique, il n’y a plus d’école, plus de restaurant, plus de dépanneur, plus de marché d’alimentation, plus de bureau de poste. On est les derniers à fermer » a expliqué Guy Cormier.

Enfin, le dirigeant a affirmé que le Mouvement « cherche depuis des années des solutions » pour ne pas « délaisser les régions ». Et il en a trouvé sous la forme d’ententes avec certaines municipalités, a-t-il indiqué, précisant que la coopérative « vient de lancer deux caisses mobiles qui sillonnent la province et qui vont de région en région, dans les résidences pour personnes âgées et dans les villages ».

 

 

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