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Monique F. Leroux règle ses comptes

7 avril 2016 | La rédaction | Commenter

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Monique F. Leroux, présidente de Desjardins, livre une allocution au Cercle canadien de Montréal. Photo : Pierre Roussel - Agence Québec Presse

Monique F. Leroux, présidente de Desjardins, livre une allocution au Cercle canadien de Montréal. Photo : Pierre Roussel – Agence Québec Presse

Alors qu’elle s’apprête à quitter la direction de Desjardins après huit années passées à la tête de l’institution, Monique F. Leroux vient de publier un livre-bilan consacré à cette période, rapporte Radio-Canada.

Intitulé Ma vie en mouvement, l’histoire de la première femme à la tête du Mouvement Desjardins, cet ouvrage est l’occasion pour la dirigeante de revenir sur les grandes étapes qui ont jalonné son règne… et aussi de régler quelques comptes.

Selon Radio-Canada, il porte essentiellement « sur ses réflexions, les personnes qui ont marqué sa vie et ses accomplissements à la direction de Desjardins », incluant une liste des « prix et distinctions » qui lui ont été attribués et de nombreuses photos personnelles et professionnelles.

ATTAQUES CONTRE CLAUDE BÉLAND

Elle y rend notamment hommage à certains de ses collaborateurs et prédécesseurs à la tête de Desjardins, tels Alban D’Amours et Rosario Tremblay, mais attaque en revanche Claude Béland, PDG du Mouvement de 1987 à 2000, qui s’est souvent montré critique vis-à-vis des orientations qu’elle a données au groupe coopératif.

Monique F. Leroux en profite également pour souligner sa bonne gouvernance, affirmant que la « performance de l’institution a été plus que satisfaisante ». Des succès qui, d’après elle, « en ont dérangé plusieurs, qui se demandaient si la performance peut aller de pair avec la coopération », note Radio-Canada.

« Claude Béland, ex-président du Mouvement, a notamment exprimé des critiques bien senties; certains de ses commentaires publics portaient aussi sur les dirigeants des caisses et leur engagement réel à servir les membres », déplore par exemple la femme d’affaires.

« J’AI TOUJOURS ÉTÉ SEREINE »

Cet autre passage du livre enfonce le clou : « Nous avons invité M. Béland à en discuter avec les instances de Desjardins. Il a préféré poursuivre ses interventions à travers les médias, ce qui a déçu de nombreux dirigeants, y compris certains avec qui il a travaillé. Pour plusieurs, cette attitude était contraire à l’esprit coopératif, qui met de l’avant le dialogue constructif entre les parties prenantes de la coopérative. »

Malgré tout, Monique F. Leroux dit avoir « toujours été sereine » et elle soutient que toutes les décisions qui ont été prises « ont fait l’objet de discussions collectives », même si « cela n’a pas toujours été facile, car la pression pour maintenir le statu quo est toujours importante, tant chez Desjardins que dans la société ».

Enfin, l’ex-dirigeante s’en prend aux médias, sans toutefois préciser lesquels, relève Radio-Canada. Ainsi, en septembre 2015, au moment du congrès d’orientation de Desjardins, « certains avaient dressé la table avant nous », écrit-elle.

« Apprenant que nous allions réfléchir à la façon de favoriser l’autogénération du capital nécessaire à la croissance de nos activités, ils avaient usé de raccourcis et de gros titres, annonçant la fin potentielle des ristournes aux membres. Ce n’était pas le cas, et il importait de l’expliquer. »

FIÈRE DU TRAVAIL ACCOMPLI

En guise de conclusion, Monique F. Leroux se dit « fière du travail accompli » et assure que « la solidité financière du Mouvement a toujours été au cœur de [son] action ».

Son souhait est désormais de se consacrer à sa famille, tout en siégeant dans des conseils d’administration d’entreprises, en faisant du mentorat, du coaching et de l’enseignement supérieur, en plus de diriger l’Alliance coopérative internationale.

Quel avenir pour les guichets automatiques?

« L’élimination de guichets automatiques et la fermeture de points de services auront en partie marqué le règne de Monique Leroux », puisque « au cours des dernières années, les caisses ont sacrifié des acquis pour prendre un virage vers de nouvelles technologies », résume Argent à l’issue d’un entretien avec l’ex-dirigeante.

Malgré l’opposition de certains membres, celle-ci « soutient que le guichet automatique n’exprime pas la personnalité et l’ADN coopératif de Desjardins », indique la chaîne d’information.

« Parfois, des décisions peuvent être difficiles à encaisser aujourd’hui. Mais dans 10 ou 15 ans, elles auront assuré la solidité du Mouvement », conclut Monique F. Leroux.

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