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Baisse économique

Desjardins ne voit pas de remontée des taux à l’horizon

4 mars 2015 | La rédaction | Commenter

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Malgré de bonnes perspectives aux États‑Unis et quelques signes positifs au Japon et dans la zone euro, les taux obligataires des pays industrialisés restent « extrêmement bas, voire négatifs dans certains cas », constate une note de Desjardins Études économiques publiée lundi.

Pour Mathieu D’Anjou, économiste principal au Mouvement, l’une des explications de la faiblesse des taux réside dans « le fait que l’épargne mondiale est actuellement très élevée, ce qui supporte la demande pour les obligations et pour d’autres actifs financiers, par exemple les Bourses ».

Les chiffres les plus récents du Fonds monétaire international (FMI) confirment cette analyse : depuis 2011, le taux d’épargne mondial est de près de 25 % du produit intérieur brut de la planète, tandis que la moyenne depuis 1980 est de 23,2 %.

Un taux d’épargne mondial de 26,6 % en 2019…

En outre, le FMI prévoit que la tendance haussière de l’épargne mondiale se poursuivra au cours des prochaines années pour atteindre 26,6 % en 2019, souligne Desjardins, qui relève que, jusqu’à aujourd’hui, « le taux d’épargne élevé provient essentiellement d’une explosion de l’épargne des pays émergents et en développement », particulièrement en Chine, où les taux d’épargne ont bondi d’environ 50 % depuis le début des années 2000.

À l’inverse, souligne Mathieu D’Anjou, le taux d’épargne est faible dans les pays industrialisés depuis plusieurs années, même s’il a « amorcé une tendance haussière depuis la crise de 2008 ».

À partir de maintenant, ajoute-t-il, « le FMI prévoit que la hausse de l’épargne mondiale proviendra d’une poursuite de cette tendance haussière dans les pays avancés, alors que plusieurs gouvernements devront continuer de faire des efforts pour assainir leur bilan ».

… et des taux obligataires « relativement faibles »

Toutefois, l’économiste se demande si la baisse des prix du pétrole, conjuguée au ralentissement de l’économie chinoise, n’amènera pas « un risque notable à la baisse » sur cette prévision que le taux d’épargne restera élevé dans les pays émergents.

Sa conclusion? « Le taux d’épargne mondial élevé attendu au cours des prochaines années nous amène à prévoir que les taux obligataires demeureront relativement faibles, malgré un resserrement graduel des politiques monétaires. »

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