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Desjardins : s’adapter ou disparaître

11 mai 2015 | Pierre-Alexandre Maltais | Commenter

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En pleine tourmente à la suite de la sortie médiatique fracassante de son ex-président Claude Béland la semaine dernière, le Mouvement Desjardins ne cache pas qu’il doit s’adapter aux nouvelles réalités de l’industrie, sans pour autant le faire au détriment de son rôle coopératif.

Critiquée notamment pour avoir fermé certains centres de services en région, l’institution jure qu’elle ne tente pas d’imiter les banques et qu’elle demeure en premier lieu au service de ses membres.

« Desjardins doit s’adapter, sinon on est appelé à disparaître », lance le porte-parole du Mouvement, André Chapleau.

« Le virage numérique vers les services mobiles et virtuels est partout. C’est inévitable. Il faut évaluer notre réseau pour voir s’il convient à cette nouvelle réalité. Il faut avoir un équilibre entre notre réseau physique et nos services en ligne », explique-t-il.

Mais qu’en est-il des services en régions, où la Caisse est souvent le seul point de service accessible? Desjardins n’est-elle pas en train de délaisser son rôle?

« C’est une nette exagération », répond le porte-parole du Mouvement, qui rappelle qu’il y a toujours 1 100 points de services au Québec et que Desjardins a récemment ouvert des centres d’appels à Trois-Rivières et Gaspé entre autres.

« Plutôt que d’agrandir à Montréal, à Lévis ou à Québec, on décentralise en province. Est-ce que Desjardins perd son âme? Pas du tout! », dit M. Chapleau.

« Lorsqu’on ferme un point de service, ce sont des gens du milieu nommés par les membres qui prennent cette décision. C’est toujours la dernière alternative », expliquait d’ailleurs le premier vice-président exécutif du groupe financier coopératif Normand Desautels la semaine dernière.

Une coop ou une banque?

L’autre point de discorde a trait au désir de compétitivité de l’institution face aux banques. Une coopérative n’a pas la même mission qu’une banque privée, alors qu’est-ce qui doit primer : le profit ou le service?

Pour le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité, tout est une question d’adaptation. « Les coopératives doivent s’adapter aux nouvelles réalités de leur marché, ce qui veut dire avoir de solides assises financières et humaines pour assurer leur développement. Une coopérative doit continuellement se poser cette question lorsqu’elle fait des choix », affirme le président de l’organisme, Gaston Bédard.

Normand Desautels affirmait qu’il était « impératif » de trouver des solutions pour que la structure de coût de Desjardins se compare à celles de la concurrence.

« Il nous faut une structure plus compétitive pour satisfaire nos membres. Si ça nous coûte 75 cents pour faire 1 dollar, contre 50 cents pour les banques, on a un indice de productivité déficient. Les banques ont une structure plus légère que Desjardins dû à leur moins grand nombre de points de services », illustre André Chapleau.

Selon lui, les options pour arriver à un niveau de productivité plus acceptable incluent la réduction des coûts d’opération, mais aussi et surtout l’augmentation des revenus et la réduction des dépenses.

« Au final, on veut satisfaire tous nos membres », conclut M. Chapleau.

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