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Économie

Desjardins se défend de vouloir abolir les ristournes

10 septembre 2015 | La rédaction | Commenter

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« Le Mouvement Desjardins remet sérieusement en question le populaire versement annuel de ristournes à ses membres », annonçait dans son édition d’hier Le Journal de Montréal.

Lors du prochain congrès, qui se déroulera le 19 septembre dans la métropole, les délégués des caisses devront se prononcer « sur une réforme majeure des politiques de ristournes à leurs membres », précisait le quotidien.

« Il n’est pas question d’abolir les ristournes, ce n’est pas du tout ce qui sera sur la table », se défend le porte-parole de Desjardins, André Chapleau, interrogé par Conseiller.ca.

PEUT-ÊTRE MOINS DE RISTOURNES

« Il s’agit d’un congrès d’orientation, insiste-t-il. Nous demanderons aux délégués s’ils sont d’accord ou non avec les avenues que nous leur proposons. Le cas échéant, la conséquence pourrait être qu’il y aura moins de ristournes. »

« Si jamais c’est le cas, nous réfléchirons à la manière de les redistribuer différemment, ou encore d’utiliser un autre moyen de récompenser les membres qui possèdent beaucoup de nos produits et contribuent ainsi à la rentabilité de leur caisse. »

« Nous écouterons ce qu’ont à dire les délégués. La réflexion est ouverte et il peut en sortir un statu quo comme des idées d’innovations auxquelles nous n’avions pas songé », précise André Chapleau.

UNE RÉGLEMENTATION PLUS EXIGEANTE

Dès cette année, « chaque caisse devra se soumettre à des encadrements internes reflétant les nouvelles exigences de capitalisation des accords du comité bancaire Bâle III », rapporte également le Journal de Montréal. Autrement dit, Desjardins devra verser davantage d’excédents dans ses réserves pour satisfaire à ces exigences.

Résultat, « toutes les caisses devront augmenter leur capacité à autogénérer du capital et à hausser leur capitalisation à même leurs excédents (ou profits) », écrit le quotidien et, dans ce contexte, « certaines caisses, moins productives que d’autres, auront de sérieuses difficultés à verser des ristournes individuelles à leurs membres ».

Le versement d’une partie des excédents en réserves plutôt qu’en ristournes « est la façon la moins coûteuse pour Desjardins d’augmenter sa capitalisation », affirme le Journal.

RENFORCER LA CAPITALISATION DES CAISSES

De son côté, le Mouvement précise que plusieurs coopératives de services financiers dans le monde ne versent aucune ristourne à leurs membres, ce qui ne remet pas en cause leur statut coopératif.

« La question qui sera soumise aux délégués portera sur la nécessité de renforcer la capitalisation des caisses. Et la meilleure façon de le faire, comme elles le font déjà en ce moment, c’est que, quand elles réalisent des excédents, elles en versent une partie dans leurs réserves, une autre dans leur Fonds d’aide au développement du milieu pour soutenir des projets locaux et, enfin, le solde sous forme de ristournes », indique André Chapleau.

Les quelque 1 500 à 2 000 délégués présents à Montréal devront également réfléchir « d’une part à la nécessité pour le Mouvement de se repositionner dans un monde en pleine révolution numérique, et d’autre part aux enjeux de productivité, puisque nous devons être plus productifs et réduire nos coûts », ajoute-t-il.

DANS LA PLANIFICATION STRATÉGIQUE 2016-2018?

« Nous allons prendre le temps de digérer toutes les informations qui sortiront de cette réunion afin de permettre au conseil d’administration de dégager les orientations qui semblent faire consensus et de les soumettre aux caisses », assure le porte-parole de Desjardins.

« Il reste encore plusieurs étapes à franchir avant que les décisions prises deviennent exécutoires, peut-être à l’occasion de notre prochaine planification stratégique 2016-2018. En tout état de cause, ce n’est pas demain que tout ça va se mettre en place », conclut-il.

DES MONTANTS TOUJOURS PLUS PETITS

En 2014, les caisses ont versé 217 millions de dollars de ristournes à leurs membres, soit 14 % des excédents nets du Mouvement (1,6 milliard), selon les chiffres avancés par Le JdM.

Ce montant est « trois fois moindre qu’en 2007, lorsque 592 millions (54 % des excédents nets) avaient été offerts », précise le quotidien.



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