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Devises : un huard fort en 2011

11 janvier 2011 | Al Emid | Commenter

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D’aucuns estiment que tout pronostic des perspectives qu’offre le secteur des services financiers revient à jouer à la roulette russe… Que dire alors quand il s’agit de prédire les perspectives des deux prochaines années ? La relation tumultueuse entre le huard et le billet vert est un parfait exemple de cette hasardeuse entreprise.

À court terme, cependant, on peut affirmer sans trop d’erreur que le dollar canadien se dirige vers la parité et vaudra 1,01 $US d’ici la fin du premier trimestre 2011, selon le stratège du marché canadien Fergal Smith de la firme de recherche internationale Action Economics LLC.

M. Smith appuie sa prévision sur l’amélioration des perspectives mondiales, entre autres. « Pour le Canada, cela signifierait une réduction continue des excédents de capacité, déclare-t-il, précisant que cette réduction pourrait entraîner une flambée des taux d’intérêt de la Banque du Canada vers la fin du deuxième trimestre 2011 ou le début du troisième. Ces hausses pourraient constituer jusqu’à un pour cent d’ici la fin de 2011. Le marché tiendra compte de cette éventualité ce qui devrait contribuer à étayer le dollar canadien. Par ailleurs, la hausse des taux d’intérêt favorisera la demande envers la devise canadienne. »

Les risques contraires à ce pronostic comprennent notamment l’aggravation de la crise du crédit en Europe. « Le cas échéant, les perspectives économiques mondiales en seraient probablement assombries, explique M. Smith. Par ricochet, le huard y perdrait des plumes, puisque cette situation provoquerait simultanément une baisse de la demande des produits de base canadiens et sans doute une fuite de capitaux vers la valeur refuge que constitue le dollar américain. Dans ce contexte, le huard volerait bas, se laissant surpasser par le billet vert. »

Pour ce qui est d’un horizon plus lointain, selon Camilla Sutton, chef stratège, devises, à Scotia Capital, le huard dépassera la parité avec le billet vert au cours de 2011 pour clôturer l’année à environ 1,04 $US et atteindre près de 1,06 $US d’ici la fin de 2012.

Ces deux projections se fondent sur les mêmes facteurs. Mme Sutton explique que le dollar canadien grimpera dans le sillage d’une croissance mondiale soutenue conjuguée à l’augmentation de la demande en produits de base canadiens qui en découlera. Cette demande, provenant de la Chine principalement, provoquera une hausse des prix de ces marchandises. « Par conséquent, les éléments d’actif canadiens, qu’il s’agisse d’effets du marché monétaire, d’obligations, d’actions, et même les fusions/acquisitions, susciteront davantage d’intérêt », souligne-t-elle.

Quant aux pressions baissières sur le billet vert, elles émaneront des problèmes persistants de l’économie américaine et de l’étiolement de la crise de la dette souveraine en Europe.

En outre, M. Smith et Mme Sutton s’attendent à une intensification de la volatilité du rapport entre les deux devises. Voilà qui contrasterait avec le contexte de 2010, car la crise du crédit en Europe, la situation économique des États-Unis et divers autres facteurs ont considérablement resserré la fourchette de négociation.

Mme Sutton attribue l’intensification de la volatilité en 2011 à la nervosité des marchés, la fragilité de la reprise et la tendance de certains États à vouloir stimuler leurs exportations en instaurant des mesures de rétorsion contre un dollar américain affaibli.

Parmi les impondérables qui menacent ces prévisions :

1- Un ralentissement de la croissance mondiale et la baisse conséquente de la demande envers les produits de base canadiens, qui exerceraient une pression haussière sur le huard.
2- Une aggravation de la crise de la dette souveraine européenne et des craintes concernant l’euro, qui attiseraient les achats de billets verts, à nouveau perçus comme un refuge de qualité.

Si ces projections se révèlent, ne serait-ce que partiellement, exactes, les placements dans les secteurs canadiens des produits de base et des ressources ou dans des fonds communs accordant une forte pondération à ces deux secteurs sont appelés à s’apprécier dans l’année à venir.

Al Emid, journaliste financier de Toronto, écrit sur l’assurance, les placements et les opérations bancaires.

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