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Difficile 2e semestre en perspective

8 janvier 2010 | Ronald McKenzie | Commenter

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L’économie canadienne devrait croître avec robustesse durant le premier semestre de 2010, mais elle pourrait s’essouffler par la suite, prédisent les économistes en chef des grandes banques canadiennes.

Ils ont tenu à exprimer ce point de vue nuancé à la suite des résultats d’un sondage de l’Economic Club du Canada qui révélait un optimisme résolu des Canadiens vis-à-vis des perspectives économiques de 2010.

Essentiellement, ces experts ont indiqué que la reprise est fragile et qu’elle le demeurera pendant plusieurs mois encore. Elle pourrait même stopper net si les gouvernements et les autorités monétaires de la planète gèrent mal l’aide fiscale et financière exceptionnelle qu’ils ont accordée afin de circonscrire la crise.

Basée en grande partie sur ses exportations, l’économie canadienne est tributaire de la bonne santé financière de ses partenaires outre-frontières. « La dernière récession ne s’est pas limitée au Canada. De même, la reprise ne sera pas un phénomène canadien », a dit Craig Wright, économiste en chef à la Banque Royale du Canada. Lui qui s’attend à une croissance de 2,8 % du PIB canadien en 2010, il a ajouté que la relace économique du pays est intimement liée à celle des États-Unis et du monde, et à la fermeté des prix des matières de base.

Pour sa part, Sherry Cooper précise que l’amélioration de la situation économique américaine est due principalement aux politiques de soutien de l’administration Obama. S’il y a une véritable reprise au pays de l’oncle Sam, elle sera inférieure à la moyenne, a averti l’économiste en chef de BMO Marché des capitaux. Sherry Cooper est préoccupée par l’attitude des consommateurs américains et le chômage des Américains. Elle se demande si l’État a encore assez de réserve pour faire plus que ce qu’il a accompli jusqu’ici.

Malgré ses inquiétudes, Sherry Cooper ne croit pas que les États-Unis subiront une récession en deux temps. « Il faudrait que le système financier encaisse un autre choc. Ce sont les pessimistes qui évoquent cette hypothèse », a-t-elle affirmé.

Tout de même, Warren Jestin prévient les Canadiens que la reprise sera modeste. La faiblesse de la croissance sera manifeste au cours du deuxième semestre de 2010. S’il y a relance, elle sera beaucoup plus lente que celles que nous avons connues par le passé. « Plusieurs facteurs expliquent cela : des taux d’intérêt plus élevés, la fin des incitatifs fiscaux, des changements dans la réglementation des échanges financiers et la démographie », a énuméré l’économiste en chef de la Banque Scotia.

Avery Shenfeld et Don Drummond, respectivement économistes en chef de Marchés mondiaux CIBC et de la Banque TD, sont préoccupés par les politiques monétaires des pays industrialisés. « Si les banques centrales haussent prématurément les taux d’intérêt, si les stimuli fiscaux s’évanouissent et si la reconstitution des stocks des entreprises s’arrête, la croissance de l’économie sera en danger dans la deuxième partie de l’année », prévoit Avery Shenfeld.

Quant à Don Drummond, il souligne que les autorités monétaires tentées d’augmenter les taux d’intérêt doivent bien synchroniser leur intervention. En effet, une politique trop accommodante aurait pour effet d’accélérer l’inflation, alors qu’une hausse intempestive étoufferait la reprise de l’économie. Afin d’éviter les dérapages, elles devront agir «avec une précision chirurgicale», a conclu Don Drummond.

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