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Difficile de demeurer la meilleure des entreprises

1er mars 2013

Aucune entreprise cotée en Bourse ne mérite qu’on y investisse à très long terme, car elle sera en constante évolution, entre des phases d’expansion et de déclin.

Vous vous rappelez à quel point Bell Canada, Nortel, General Motors, Microsoft, Resarch in Motion, Provigo et de nombreuses autres entreprises étaient prisées par ceux qui y investissaient à très long terme? Malheureusement, tous ces géants ont connu leur phase de déclin, et parfois d’élimination. Le plus récent exemple est celui d’Apple.

Pourquoi les entreprises demeurent-elles rarement les meilleures sur de longues périodes?

On peut considérer ces facteurs comme éléments de réponse :

  • Les changements de dirigeants et de leur style;
  • Le manque d’innovation de rupture, car les entreprises à succès ont tendance à s’asseoir sur leurs lauriers plutôt que d’exploiter de nouveaux procédés qui surprennent;
  • L’illusion de confiance des entreprises à succès les pousse à prendre des risques élevés, souvent par le truchement d’acquisitions non réussies et d’investissement en dehors de la mission initiale de l’entreprise;
  • Les changements de l’environnement économique, social et politique, et leurs répercussions sur l’entreprise et son secteur d’activité;
  • La course à la progression des profits l’emporte, parfois, sur les valeurs fondamentales de la firme, créant des bulles de survaleur du titre pouvant engendrer des difficultés dans l’entreprise;
  • La rentabilité de l’entreprise a tendance à revenir à la moyenne du secteur de l’activité, à long terme.

Comment être plus prudent dans la sélection de ces entreprises
Il est important d’être alerte et de surveiller certains aspects. Par exemple :

  • L’évolution des profits ne surprend plus les analystes;
  • Il y a un déclin du titre par rapport à son indice boursier sur 3 et 12 mois;
  • La valorisation (ratios financiers) démontre que le titre est trop dispendieux;
  • Des changements significatifs chez les dirigeants, des fusions et des acquisitions. Pour citer un exemple, on réalise que le décès de Steve Jobs a été suivi, peu après, par un déclin relatif d’Apple;
  • Le secteur de l’activité est en déclin, et il y a des changements politiques et réglementaires pouvant affecter ou nuire à l’évolution de l’entreprise;
  • Le versement des dividendes est en baisse;
  • Comme consommateur, vous constatez que la compétition porte un très dur coup à l’entreprise;

Toutefois, plusieurs de ces entreprises reprennent de l’élan après une période de déclin. C’est un cycle de vie, d’évolution et d’adaptations à de nouvelles réalités. Heureusement, les déclins peuvent, aussi, s’avérer constructifs pour un rebond vigoureux et imprévisible.


William-André Nadeau est chroniqueur financier. Il publie aux deux semaines un billet traitant des marchés, de placements et de gestion.

 

Les opinions exprimées dans les blogues n'engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de Conseiller.ca.
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