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Donner sans compter

13 mai 2015 | Bruno Geoffroy | Commenter

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Stéphan Morin

De Stéphan Morin filtre un humanisme à fleur de peau. Une qualité qu’il met à profit au sein de CPA Sans Frontières, un organisme à but non lucratif offrant à l’étranger les services bénévoles de comptables professionnels agréés québécois.

Fondé en avril 2013 par Stéphan Morin, conseiller en placement et vice-président à Valeurs mobilières Banque Laurentienne, et un regroupement de comptables professionnels agréés, CPA San s Frontières (CPASF) est né d’une simple réflexion.

« Lors d’un voyage à Cuba en 2011, sur le chemin de l’aéroport, je me suis interrogé : Comment aider les populations des pays que l’on visite ? Nous y allons souvent comme touristes sans nous immerger dans la culture locale, sans réellement rencontrer les habitants », explique Stéphan Morin, actuel président et directeur général de CPASF. Sa réponse ? « En leur offrant ce que l’on a », soit son expertise de comptable professionnel agréé (CPA).

Inspiré par le modèle de Médecins Sans Frontières, l’homme s’est demandé si l’équivalent pour les CPA existait. Modeste, il précise qu’il ne se compare pas à l’illustre organisme. « C’est plus l’idée d’intervention dans des pays en développement et les notions de développement durable qui m’intéressaient. » Une envie de transmettre ses connaissances, de former les autres et de contribuer aussi à l’amélioration de la qualité de vie de populations locales dans le besoin.

DES ACTIONS LOCALES ET DURABLES

Concrètement, l’organisme envoie des duos de CPA – un jeune professionnel et un autre plus expérimenté – collaborer à l’étranger auprès d’écoles, de coopératives agricoles ou d’hôpitaux, entre autres.

Depuis une première mission exploratoire en Haïti en mai et juin 2013, 14 coopérants ont ainsi participé à sept missions d’une à deux semaines en Haïti, au Burundi, en Ouganda ou en Tanzanie avec l’appui d’un partenaire indispensable, Terres Sans Frontières, organisme de coopération internationale responsable d’identifier les organismes locaux à soutenir.

Stéphan Morin

Admire… Richard Branson pour son audace.

Déplore… l’inaction en général. Il faut avancer pour s’améliorer.

Aimerait que… les connaissances et les richesses soient mieux réparties.

Médite souvent cette phrase…« Un pas à la fois. »

« En Haïti, par exemple, nos coopérants ont formé six personnes en novembre 2013, puis 30 autres en mai 2014, à l’utilisation du tableur Excel et de logiciels de comptabilité comme QuickBooks, à la lecture et à la compréhension des états financiers, à la préparation de budgets ou à la mise en place d’une saine gouvernance », raconte Stéphan Morin. Ces formations ont notamment eu lieu à l’Institut de formation technique et professionnelle des Nippes, une école de 200 élèves qui forme des comptables, des informaticiens, des plombiers ou des électriciens.

Que ce soit l’automatisation d’un système de paie et de revenus ou une introduction à la comptabilité par exercice, toutes ces actions de renfort de compétences comptables permettent des gains de productivité considérables puisque certaines opérations courantes sont encore effectuées à la main.

Dans le carnet de route des deux coopérants en Haïti (novembre 2013), on peut lire : « Madame Donna sera en mesure de réduire le temps de préparation de consolidation de quatre jours à quelques heures par mois. Cette courte formation aura été la plus rentable de la mission. Sur une base annuelle, cela représente pour la comptable en chef une économie de deux mois de travail. »

« C’est très gratifiant de constater ce que nous pouvons apporter, mais voir l’organisation locale assurer sa pérennité et transmettre à son tour les connaissances aux autres intervenants économiques de la région l’est plus encore », se réjouit Stéphan Morin.

MISE EN PERSPECTIVE

« Quand tu reviens de mission, tu te rends compte de la chance que tu as de vivre au Canada », estime l’homme qui a voyagé en Haïti et en Tanzanie pour CPASF.

Dans ses bagages de retour, Stéphan Morin a rapporté un autre trésor inestimable. « Le contact avec la population locale, le temps passé à échanger, le rythme de vie, la culture : tout t’amène vers un changement de perspective, une façon différente d’aborder la vie. »

Cet ajustement de valeurs s’ancre au plus profond des âmes des coopérants. Il n’y a pas échappé. « C’est une occasion extraordinaire de tisser des liens professionnels et amicaux qui perdurent longtemps après le départ. »

Avis aux futurs coopérants ouverts sur le monde : rencontrer l’humain est à portée d’avion, mais exige en contrepartie une implication financière, CPASF ne pouvant assumer tous les coûts reliés aux missions à l’étranger.

Bien que l’organisme puisse compter sur des partenaires financiers et le soutien de l’Ordre des CPA du Québec, le financement de ses activités et de ses projets passe aussi en partie par l’organisation annuelle d’un souper-bénéfice au mois d’avril.

« Notre défi actuel, c’est de bâtir et de consolider CPA Sans Frontières », résume Stéphan Morin. Ce bébé dont il est si fier, il souhaite l’accompagner jusqu’aux portes de sa vie d’adulte. Pour les 20 prochaines années, Stéphan Morin risque fort d’être très occupé.

SUR LE WEB

CPA Sans Frontières
www.cpasansfrontieres.ca

Avant le grand départ, le dépaysement commence par la lecture de carnets de route. Les deux carnets de voyage des coopérants en mission terrain en Haïti
http://bit.ly/19lKdnB
http://bit.ly/1Bo7YTD

Le carnet de route de Stéphan Morin en mission exploratoire en Tanzanie
http ://bit.ly/1HGGVu0

Terres Sans Frontières
www.terresansfrontieres.ca

 

• Ce texte est paru dans l’édition de mai 2015 de Conseiller. Il est aussi disponible en format PDF.
Vous pouvez également consulter l’ensemble du numéro sur notre site Web
.

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