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Économie mondiale : Desjardins affiche un optimisme modéré

21 avril 2016 | La rédaction | Commenter

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Graphique_Fleche_Hausse_Augmentation_Conquete_Avancer_425« Quel début d’année! Les 29 premiers jours ouvrables de 2016 ont été éprouvants pour les investisseurs. Encore une fois, nous avons pu constater que les perceptions peuvent influencer la réalité, voire devenir réalité », écrit Michel Doucet dans le dernier bulletin financier Le Trimestriel, de Desjardins.

Cette fois-ci, elles se sont même métamorphosées en prophétie, ajoute le vice-président et gestionnaire de portefeuille de Desjardins Valeurs mobilières. « Une prophétie voulant que l’économie mondiale soit à ce point fragilisée par les intentions de la Fed, l’incertitude en Chine et l’effondrement des prix du pétrole qu’elle s’enlise dans une stagnation chronique. »

Sept ans après la fin officielle de la récession, l’économie mondiale continue à présenter « des signes de faiblesse persistante et chronique » et les pays industrialisés « n’en finissent pas de s’adapter à fin du super cycle d’endettement », tandis que « les pays émergents sont en phase de consolidation » et que le prix des ressources naturelles s’effondre, note l’économiste.

« DES OCCASIONS À SAISIR »

Bien que cette économie soit « peu inspirante » et que « de nombreux défis la guettent » en 2016, Michel Doucet la juge quand même « en meilleure posture que le pensaient les investisseurs en début d’année ».

Et il estime que ce « manque d’élan » ne constitue pas une raison suffisante pour que les marchés boursiers sombrent dans une phase baissière durable. L’interprétation qu’il fait de la situation économique et financière ne concorde pas avec la chute des indices boursiers observée entre le 1er janvier et la mi-février.

« Entre le connu et l’inconnu s’ouvrent grand les portes de la perception. Qui dit perception dit aussi réalité, si tout le monde se met à y croire », observe l’analyste, qui croit que « ces poches d’air créent des occasions d’investissement à saisir ».

UNE CROISSANCE DE 145 % SUR 30 ANS

Un rythme d’expansion de 3 % du produit intérieur brut mondial peut paraître faible à court terme, relève-t-il, mais, compte tenu de la loi de la croissance cumulée, il équivaut à un taux de croissance non négligeable de 145 % sur une période de 30 ans.

Pour qu’une phase baissière durable survienne, « il faut une convergence de plusieurs facteurs », indique-t-il. Depuis 1920, les dix phases baissières observées aux États-Unis ont toujours eu en commun « une récession, une politique monétaire restrictive, un choc des prix des ressources naturelles ou une évaluation exagérée des actifs ».

« L’ÉCONOMIE N’EST PAS EN RÉCESSION »

Son diagnostic? « L’économie est certes ralentie, mais elle n’est pas en récession. » En outre, « la politique monétaire est très accommodante et elle le demeurera même si la Fed devait porter son taux directeur à 1 % d’ici 12 mois ».

Quant à l’effondrement du prix de certaines ressources naturelles, il est certes « désastreux pour leurs producteurs », mais « avantageux pour les consommateurs ». Or, relève Michel Doucet, « les pays importateurs de pétrole l’emportent sur les exportateurs » et, contrairement aux producteurs, les acheteurs ne se plaignent pas du prix à la pompe.

L’effondrement des cours de l’or noir a même permis aux Américains d’économiser environ 900 $ par an (de 300 à 400 $ pour les Canadiens), tandis qu’il a permis de « doper les ventes de grosses cylindrées », précise l’économiste.

Sur un horizon de 12 à 18 mois, « la stratégie d’investissement sera influencée par une combinaison de facteurs favorables et défavorables », selon lui. Parmi les premiers, il cite notamment les « perspectives économiques mondiales positives », les « politiques monétaires expansionnistes », la « faiblesse du prix de l’énergie », la « mondialisation des économies et des marchés » ainsi que les « avancées technologiques ».

DES RENDEMENTS DE 4,5 % À 5,5 % EN 2016

En fin de compte, croit Michel Doucet, la faiblesse persistante de l’économie mondiale « réside peut-être dans le fait qu’elle est en transition entre deux révolutions industrielles » et que nos sociétés ont possiblement « tiré le plein potentiel des deuxième et troisième révolutions industrielles ». D’où l’importance « de mettre à contribution la sainte trinité économique (politique monétaire, politique budgétaire et taux de change) pour relancer l’économie mondiale » et ce, le plus rapidement possible.

Ses prévisions? « À moins d’une récession, de politiques monétaires et budgétaires restrictives, d’une hausse marquée du prix des ressources naturelles, d’une chute de la rentabilité des entreprises ou d’un choc exogène, les marchés boursiers ne basculeront pas dans une phase de correction durable d’ici la fin de l’année. »

Qualifiant son degré d’optimisme de « modéré », l’analyste affirme que l’année en cours « donnera tout son sens à la gestion active ». « L’optimisation des rendements passera par la gestion des catégories d’actifs, la répartition géographique et sectorielle, le dosage des échéances et des émetteurs et la stratégie de la durée. Somme toute, les investisseurs dont le portefeuille est équilibré peuvent espérer dégager un rendement approximatif de 4,5 % à 5,5 % en 2016 », conclut-il.

« L’économie mondiale reste fragile », selon le FMI

Dans une entrevue accordée Figaro, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, estime que la « lenteur » et la « fragilité » de l’économie mondiale sont dues « aux cicatrices de la crise financière de 2008-2009 qui n’ont pas été bien traitées dans un certain nombre de pays ».

La dirigeante pointe notamment « les créances douteuses des banques qui restent logées dans leurs bilans », ce qui « constitue un frein qui handicape la politique monétaire, par ailleurs très dynamique et créative, qui a été mise en œuvre, aux États-Unis, et plus récemment dans la zone euro et au Japon ».

LES INÉGALITÉS, ENTRAVE À LA CROISSANCE

Par ailleurs, « il existe une corrélation entre la montée des inégalités au sein d’un pays donné et la durabilité de sa croissance, que ce soit aux États-Unis, en Chine et même en Europe », souligne-t-elle.

« Les inégalités s’observent à trois niveaux : les revenus, le patrimoine et les opportunités. Si les hauts revenus consomment une part relativement réduite de leurs ressources, cela induit un ralentissement de la croissance générale », remarque la directrice générale du FMI.

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