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Endettement : les Québécois devraient en profiter pour assainir leur bilan

4 décembre 2012 | Ronald McKenzie | Commenter

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Les Québécois devraient profiter de la faiblesse actuelle des taux d’intérêt pour assainir leur bilan, recommande Études économiques Desjardins. En effet, la situation financière de nombre d’entre eux, sans être catastrophique, demeure préoccupante.

« Les Québécois doivent s’assurer qu’ils pourront faire face à la remontée éventuelle des taux d’intérêt sans trop d’écueils », notent les économistes du Mouvement Desjardins dans leur plus récent Point de vue économique.

Pour l’instant, les perspectives de hausses de taux d’intérêt directeurs sont éloignées en raison des incertitudes économiques et financières mondiales, mais cela ne durera pas éternellement.

De plus, une détérioration plus importante de l’économie mondiale, attribuable à un retour des tensions plus vives en Europe ou à l’affaiblissement de l’économie américaine en raison du précipice fiscal, pourrait perturber l’économie du Québec. « Des pertes d’emplois majeures entraîneraient de sérieuses répercussions sur la situation financière des ménages. Au-delà du portrait de l’ensemble des ménages qui n’alimente pas davantage les inquiétudes déjà présentes, l’analyse démontre que certains groupes doivent faire l’objet d’une vigilance particulière », disent les spécialistes de Desjardins.

On surveillera notamment les jeunes ménages formés de personnes de moins de 35 ans, car les risques de difficultés financières sont clairement plus élevés chez eux que du côté des plus vieux qui possèdent des actifs plus substantiels. Cette fragilité relative des moins de 35 ans s’explique aisément : les jeunes ont recours à l’emprunt pour bâtir leur patrimoine puisque leurs dépenses excèdent habituellement leurs revenus. Au fil du temps, leurs revenus augmentent et les dettes sont graduellement remboursées. Mais, dans l’intervalle, une perte d’emploi ou une augmentation des taux hypothécaires, par exemple, pourraient créer des pressions budgétaires intenables.

Fait à noter, la hausse des emprunts des ménages de moins de 35 ans n’a pas été plus accélérée que celle des cohortes plus vieilles. « Ce groupe d’âge n’est donc pas le principal responsable de la progression générale de l’endettement au Québec », souligne Desjardins.

De fait, la progression du fardeau financier semble davantage liée aux revenus qu’à l’âge. Depuis 10 ans, les dettes moyennes ont augmenté plus rapidement dans les tranches supérieures de revenu, notamment les 100 000 $ et plus. En effet, la hausse de la valeur des actifs a été moins importante dans cette catégorie de revenus que dans celle de ceux qui gagnent moins. « Le ratio dette/actif s’est donc uniquement détérioré pour les plus hauts salariés alors qu’il a diminué dans toutes les autres tranches de revenu. Cela ne signifie pas que leur situation est précaire, mais plutôt que leur portrait financier est moins favorable qu’il y a 10 ans ».

En ce qui concerne le poids de la dette des ménages par rapport à leurs revenus, dont on a fait grand cas récemment, Desjardins signale que la situation n’est ni meilleure ni pire qu’il y a une décennie. « Le ratio du service de la dette a peu fluctué depuis 10 ans, ce qui confirme que la diminution du coût du crédit a permis de contrebalancer les emprunts plus élevés. L’importance des paiements mensuels par rapport au revenu est demeurée pratiquement la même, tout comme le risque de défaut de paiement. La part des prêts en souffrance est d’ailleurs présentement similaire à celle de 2002 », constate le mouvement coopératif.

Et, en regard de l’actif, le ratio dette/actif des ménages québécois se maintient dans une « fourchette confortable » depuis 10 ans, soit entre 0,2 et 0,3 (moins le ratio est élevé, moins la dette est importante). « Le poids des dettes par rapport aux actifs continue de correspondre à une situation globalement saine », estime Études économiques Desjardins.

Compte tenu de la forte corrélation entre l’économie québécoise et celle des États-Unis, de l’Europe et des pays émergents, les ménages québécois sont mal placés pour faire preuve de complaisance budgétaire. D’ailleurs, Desjardins qualifie de « préoccupante » leur situation financière. Voilà pourquoi il faudrait tirer avantage de la détente qu’offre actuellement la politique monétaire canadienne pour bien gérer ses finances personnelles.

« Si les plus fragiles profitent de cette période de sursis pour réduire leur recours à l’endettement, les difficultés en seront amoindries », concluent les économistes de Desjardins.

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