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Enquête d’Option consommateurs : l’AMF attend le rapport final avant de clore le financement

3 octobre 2007 | Commenter

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Ce n’est pas 50 000 $, mais bien 52 800 $ dont Option consommateurs dispose pour payer son enquête sur la prétendue incompétence des « conseillers financiers ». Frédéric Alberro, porte-parole de l’Autorité des marchés financiers(AMF), a précisé à Conseiller.ca que 40 000 $ ont été versés au groupe consumériste lors de la signature de l’entente en 2006. « Les 12 800 $ restants seront payés au moment de l’acceptation du rapport final par l’AMF », dit-il. Ce rapport final devrait être remis sous peu. « Acceptation » signifie que le contenu et la forme de l’enquête doivent respecter ce qui avait été convenu dans l’entente initiale. « Ça ne vise aucunement les résultats », a indiqué Frédéric Alberro.

Si Option consommateurs n’a pas encore produit son rapport final, peut-on conclure que les résultats de l’enquête publiés dans Protégez-Vous n’étaient que des données préliminaires? Si oui, nombre de conseillers auraient été contents de le savoir.

Au lendemain de la parution de cette fameuse étude, Clément de Laat, assureur vie certifié rattaché à la London Life, a envoyé un courriel à Jean St-Gelais, pdg de l’AMF. « Je contestais le fait que l’AMF cautionne une telle démarche. C’était une enquête tous azimuts. On a mis tous les représentants dans un melting pot. Si on avait ciblé certaines disciplines, on aurait peut-être fait une étude juste et honnête. Mais comme ça a été présenté, ce n’est pas sérieux. »

Clément de Laat aurait aimé que Jean St-Gelais lui réponde directement. Ce fut plutôt un employé de l’AMF qui l’a rappelé. « Il m’a dit que l’enquête n’avait pas encore été approuvée par l’AMF. Pourtant, à une tribune téléphonique de Radio-Canada, un porte-parole de l’AMF a défendu les résultats de l’enquête. » Clément de Laat souhaite que l’AMF se dissocie de l’étude. « Et si c’est le cas, j’espère que les dirigeants de l’AMF vont aller sur la place publique pour le dire. »

Clément de Laat n’a pas perdu de clientèle à la suite de la publication de l’enquête. Cependant, plusieurs consommateurs lui posent des questions à ce sujet. « J’ai reçu des appels. Mes clients sont devenus craintifs en raison de l’affaire Norbourg. Ce qui n’aide pas, c’est qu’on n’arrête pas de discréditer le travail que nous faisons. » Le conseiller tente de rassurer sa clientèle en lui disant que lui et ses collègues sont étroitement surveillés par les autorités, d’une part, et par les contrôles internes instaurés par les entreprises de services financiers d’autre part. « Des enquêteurs peuvent débarquer ici du jour au lendemain sans avertissement. Si mes dossiers ne sont pas en ordre, par exemple, je pourrais être réprimandé. » Malgré tout, l’inquiétude persiste auprès des consommateurs. « C’est rendu que je dois leur faire signer une formule qui dit comment je dois entrer en contact avec eux. C’est de l’infantilisation », conclut-il.

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