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Épargne-retraite obligatoire : vos réactions

13 janvier 2011 | Commenter

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Claude Castonguay

Claude Castonguay

Vous avez été nombreux à réagir à la proposition du père de l’assurance maladie québécoise, Claude Castonguay, d’obliger les travailleurs qui n’ont pas de régime de retraite d’employeur à cotiser à un régime d’épargne-retraite (voir notre article).

Voici vos réactions à cette recommandation que le gouvernement du Québec a depuis rejetée :

« Je me souviendrai toujours lorsque le régime d’assurance santé était en préparation, raconte Jacques, un lecteur et conseiller de la région de Québec. Mon père m’avait dit: « Tout ce que le gouvernement touche, ça coûte plus cher ». Il avait raison. Regardons l’assurance emploi : le gouvernement fédéral a pigé dans le régime pour son déficit, et le déficit croît encore. »

« Si j’ai bien compris, la proposition de Monsieur Castonguay, à partir d’un revenu de 25 000 $, l’obligation de cotiser serait de 5 %, poursuit-il. Comment trouver les moyen d’économiser 1 250 $ par année avec un tel revenu ? Quant au rendement, la RRQ n’est pas une référence, ni la Caisse de dépôt et placement du Québec. L’État prend déjà trop de place dans nos vies, le prochain coup, ce sera quoi ? Avec ce petit revenu supplémentaire l’État aura l’excuse de se retirer de ses obligations sociales plus tard. »

Non pour deux raisons
« J’étais presque rassuré en découvrant le NON catégorique de Charest face à la question de l’épargne-retraite obligatoire, écrit de son côté Jean-François, conseiller financier et chargé de cours (fiscalité, finances, placements) de l’Estrie. (…) Il y a au moins deux bonnes raisons pour lesquelles je suis TOTALEMENT  contre ce genre d’initiative. »

« La première, c’est qu’il faut pouvoir laisser plus de liberté quant au choix de l’épargne retraite, estime-t-il. Lorsque le CELI est plus avantageux, pourquoi ne pas laisser la chance au contribuable de le faire ? C’est bien beau de vanter les avantages du REER et de l’économie fiscale, mais cela n’aide en rien des milliers de travailleurs. Au contraire, cela semble fait dans l’unique but d’engranger, pour l’État, plus de revenus ! »

« C’est bien simple, contrairement à ce que l’on entend fréquemment, les seuls ménages qui peuvent, à coup sûr, être avantagés par les REER sont  les familles avec enfants mineurs dont le revenu familial se situe  entre 30 000 $ et 50 000 $ ! Pour de très nombreuses personnes, comprenant tous les ménages dont le revenu est inférieur à 30 000 $ et tous les célibataires dont le revenu se situe entre 55 000 $ et 80 000 $, les REER constituent le pire des scénarios. »

« Comme tout le monde le sait, le principe de base, c’est que lorsque le taux marginal actuel est supérieur à celui de la retraite, il faut privilégier le REER, poursuit Jean-François. Bien sûr, si l’on se fie uniquement à la belle théorie de progressivité des taux, il est facile de croire que tout le monde ont avantage à cotiser au REER. Pour les ménages dont le revenu est inférieur à 25 000 $, les REER nenpeuvent fournir aucune économie immédiate. Or, à leur retraite, ils n’auront d’autre choix que de payer de l’impôt ! Qui en profite le plus, l’État ou le contribuable ? Pour les célibataires, je vous prierais de bien regarder les courbes de M. Claude Laferrière. À quoi cela sert d’obtenir une économie de 38,4 %, lorsqu’à la retraite, ce célibataire aura un taux implicite de 43 ou 44 % ! Qui, encore une fois, en profite le plus ! »

« La deuxième raison c’est que, malheureusement, le rendement de ces régimes obligatoires, comme le RRQ, obtiennent, systématiquement des rendements inférieurs, à ce que nous, conseillers, pouvons offrir aux  contribuables, ajoute-t-il. Alors, si le but est véritablement d’aider les contribuables, pourquoi ne pas leur vanter les avantages de transiger avec un conseiller compétent ! »


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