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Justice

Euribor : six banquiers au banc des accusés

14 janvier 2016 | La rédaction | Commenter

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euro_Europe_zone_monnaie_425Six banquiers ont été formellement accusés hier d’association de malfaiteurs par un tribunal londonien, soupçonnés d’avoir manipulé l’Euribor.

Au total, onze individus auraient joué avec ce taux interbancaire servant de référence pour fixer les taux et les prix de multiples produits financiers entre 2005 et 2011, rapporte l’agence Reuters.

Les six prévenus comparaîtront à partir du 4 septembre 2017.

Le tribunal a par ailleurs demandé à l’accusation, le Serious Fraud Office, d’indiquer au plus tard le 18 mars prochain ce qu’il compte faire au sujet des cinq autres personnes impliquées dans ce dossier, quatre Allemands et un Français, qui ne se sont pas présentées lors des procédures.

UNE CAUTION DE 2 M$

Au moment des faits qui leur sont reprochés, ces 11 accusés (10 hommes et une femme) étaient salariés de la Deutsche Bank, de Barclays et de la Société générale.

Ce procès, qui devrait durer au moins trois mois, sera le premier concernant une manipulation présumée de l’Euribor.

Parmi les six accusés présents, le Français Christian Bittar, considéré comme l’un des employés les plus « rentables » de la Deutsche Bank lorsqu’il était basé à Singapour, a été contraint de payer une caution d’un million de livres (2,07 M$) pour éviter la prison alors que ses cinq coaccusés ont dû verser au maximum 150 000 livres (310 000 $).

Son avocat, Alexander Cameron, le frère du premier ministre britannique, a annoncé que son client contesterait les accusations, tandis que les défenseurs des autres prévenus ont refusé de s’exprimer.

ACCORD AMIABLE AVEC BARCLAYS

Supposés refléter le coût des prêts interbancaires dans différentes monnaies, l’Euribor (Euro interbank offered rate) et le Libor (London interbank offered rate) servent de référence pour quelque 450 000 G $US de produits financiers, rappelle Reuters.

Dans ce feuilleton juridico-financier, lancé en 2008 par les autorités financières américaines, Barclays a été la première à conclure un accord amiable dès 2012 lorsqu’elle a admis que certains de ses courtiers avaient tenté de manipuler le Libor et l’Euribor entre 2005 et 2009.

Pour mettre un terme à d’éventuelles poursuites aux États-Unis, l’institution financière avait alors dû payer une amende de 450 M$.

2,5 G$ D’AMENDES POUR LA DEUTSCHE BANK

Depuis, 10 autres établissements bancaires ont été sanctionnés en Europe et chez nos voisins du Sud pour leur implication dans cette vaste fraude, notamment UBS, Lloyds Banking Group, JPMorgan et Citigroup.

L’amende la plus importante (2,5 G$) a été infligée à la Deutsche Bank au printemps dernier.

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