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Exercer à l’écart des grandes villes

12 octobre 2017 | Julie Roy | Commenter

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Un nombre important de professionnels en services financiers exercent loin des centres urbains. Leur pratique se situe à des lieues de celle des conseillers qui travaillent en ville, tout comme les demandes de leurs clients. 

julie-royJULIE ROY, GILBERT ET ASSOCIÉS
OÙ : Val- d’Or, Abitibi- Témiscamingue
ANNÉES DE PRATIQUE : 19
TITRES : Planificatrice financière, conseillère en sécurité financière, conseillère en assurance et rentes collectives et représentante en épargne collective

« Les conseillers qui réussissent en ville ne réussiraient pas nécessairement en région et vice- versa, croit Julie Roy. La proximité est très grande loin des centres urbains et les contacts avec les clients, très fréquents.»

Celle dont la pratique verse davantage dans l’assurance que les placements affirme desservir environ 400 clients. Elle refuserait d’en avoir plus que 600, afin de pouvoir offrir un service de proximité, essentiel en région. Les clients y sont très fidèles et n’apprécient pas qu’il y ait un gros roulement de conseillers, comme c’est souvent le cas dans les caisses populaires ou les banques, soutient- elle. Les résidents de la région aiment connaître leur conseiller et choisissent davantage en fonction de la personne que du prix.

« Le service après- vente est très important pour eux, dit- elle. Ils nous appellent souvent et dans une ville de la taille de Val- d’Or, on les croise régulièrement à l’épicerie ou ailleurs. On développe des liens assez forts avec eux.»

membres

SUR LA ROUTE

En 2016, il y avait 43 899 habitants dans la MRC de la Vallée- de-l’Or et 147 982 dans toute l’Abitibi- Témiscamingue, répartis sur 57 349 kilomètres carrés. En guise de comparaison, l’arrondissement montréalais de Côte- des-Neiges– Notre-Damede- Grâce compte à lui seul 166 520 résidents.

Inutile de dire que la voiture devient rapidement un outil incontournable pour une conseillère abitibienne, particulièrement si, comme Julie Roy, elle préfère se déplacer chez les clients à leur convenance. « Beaucoup de gens dans notre région ont des horaires atypiques, comme les camionneurs qui partent le lundi matin et reviennent le vendredi soir, explique- t-elle. Si on veut les rencontrer, il ne reste que la fin de semaine. Je suis très flexible côté horaire.»

Si une bonne partie de ses clients habite Val- d’Or et les environs, Julie Roy doit tout de même régulièrement rouler jusqu’à trois heures pour en visiter d’autres.

Leurs besoins peuvent s’avérer un peu plus complexes, même si la moyenne a des besoins similaires aux résidents des grands centres. « Dénicher une bonne assurance vie ou invalidité pour des mineurs, des travailleurs forestiers ou des dynamiteurs, par exemple, n’est pas toujours simple », illustre- t-elle.

Quant aux clients très riches, il y en a peut- être dix dans toute l’Abitibi- Témiscamingue, estime la planificatrice financière. Les stratégies visant à utiliser l’assurance comme abri fiscal et autres concepts de ce type sont peu en demande.

planificateursLES CONSEILLERS SE FONT RARES

D’année en année, plus de citoyens quittent la région vers le reste du Québec que l’inverse. Cela entrave la croissance de la population. Pourtant, c’est moins une pénurie de clients qu’une rareté de conseillers qui guette l’Abitibi- Témiscamingue, selon Julie Roy.

« Beaucoup de conseillers sont très âgés, mais les nouveaux ont de la difficulté à vivre de ce métier dans la région, déplore- t-elle. Dans une ancienne vie, alors que j’étais gestionnaire, j’ai formé 48 conseillers en sept ans, il en reste trois. Les conseillers plus âgés hésitent à vendre leur clientèle, parce qu’ils n’aiment pas l’idée de perdre les commissions de renouvellement. Moi- même, j’aimerais acheter de la clientèle, mais c’est très ardu.»

Cette situation risque de laisser plusieurs clients orphelins lorsque ces professionnels plus expérimentés décideront bel et bien de prendre leur retraite sans qu’une relève n’ait pu s’établir dans la région.

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