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Explosion du financement par action au 1er trimestre

26 juin 2007 | Commenter

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Les prix soutenus du pétrole et des métaux et l’intensité des activités de fusions et acquisitions ont stimulé les investisseurs de toute taille au cours du 1er trimestre de 2007. En font foi les appels publics à l’épargne, qui ont atteint 16,7 milliards de dollars. C’est 44 % de mieux que le trimestre précédent et 36 % de plus qu’au 1er trimestre de 2006, indique l’Association canadienne du commerce des valeurs mobilières(ACCVM)dans son rapport trimestriel Nouvelles émissions et opérations sur actions.

Le trimestre a été marqué par plusieurs très grosses opérations fortement médiatisées, notamment l’émission d’actions de 1,7 milliard de dollars de TransCanada Corporation, pour financer l’acquisition d’un pipeline, et l’émission pour 1,2 milliard de dollars d’actions ordinaires par Fortis de Terre-Neuve, pour faciliter l’acquisition de Terasen.

Les opérations de fusions et d’acquisitions ont atteint plus de 65 milliards de dollars au début de 2007, le meilleur 1er trimestre en plus d’une décennie. Le nombre d’acquisitions étrangères a progressé de 11,1 % par rapport au même trimestre en 2006, alors que la valeur des offres publiques d’achat a fait un bond de près de 50 % à 15 milliards de dollars.

Les sociétés d’investissement qui affluent vers le Canada à la recherche d’entreprises à racheter par emprunt « veulent profiter de la vague de fusions prévue cette année à Bay Street », dit l’ACCVM. Avec les rumeurs de reprise possible du géant BCE par des sociétés de placement privé pour environ 30 milliards de dollars, ce qui pourrait être la plus grosse opération du genre de l’histoire canadienne, le secteur des télécommunications a dégagé un solide rendement de 7,92 % au 1er trimestre.

Les sociétés étrangères étaient actives : Hindalco Industries d’Inde a annoncé l’acquisition de Novelis, Xstrata a lancé une OPA sur le producteur canadien de nickel et d’or LionOre Mining International et la spéculation au sujet d’une reprise possible d’Algoma Steel va bon train.

L’ACCVM constate que la mondialisation a accentué certaines craintes de voir les entreprises canadiennes tomber aux mains d’étrangers, « entraînant de ce fait un évidement du Canada corporatif découlant de la perte possible d’emplois à l’échelle des sièges sociaux ». Mais l’ACCVM réfute cette thèse. « Les appels à protéger les sociétés canadiennes peuvent être erronés. Nous ne pouvons pas nous soustraire aux aspects négatifs de la mondialisation en nous mettant en marge du monde et en criant “Halte” », a déclaré Ian Russell, pdg de l’ACCVM.

En limitant la propriété étrangère, poursuit Ian Russell, nous finirions par nous limiter nous-mêmes. « Nous risquerions de freiner l’accès des sociétés canadiennes au capital risque qui n’est parfois disponible en quantités suffisantes qu’à l’extérieur de nos frontières. » Il estime que le fait de protéger une gestion inefficace et d’empêcher les actionnaires(comme les caisses de retraite canadiennes)d’obtenir le meilleur prix possible pour leurs actions pourrait aussi être une « stratégie à courte vue ».

Pour consulter le rapport Nouvelles émissions et opérations sur actions, cliquez ici

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