A A A
Techno

Facebook : retour à la case départ

7 août 2013 | Jean-François Venne | Commenter

  • commenter
  • envoyer
  • imprimer

Après un démarrage aussi médiatisé que décevant, beaucoup le donnaient pour moribond. Mais voilà qu’il fait un retour en force, retrouvant le niveau de son introduction en Bourse. Le ressuscité de la semaine? Le titre Facebook.

C’est la vedette de l’heure dans les médias financiers : l’action de Facebook. Et pour une fois, on en parle en bien. Après la publication des derniers résultats trimestriels de l’entreprise, l’action s’est envolée, grimpant de 30 % pour retrouver, enfin, le niveau de son introduction en Bourse, une (brève) époque où elle faisait rêver…

À 9 h ce matin du 18 mai 2012, un Mark Zuckerberg jubilatoire sonne l’ouverture du Nasdaq depuis le siège social de Facebook, en Californie. Accompagné de son adjointe Sheryl Sandberg, il ne cache pas son allégresse devant les premiers pas sur les marchés boursiers du plus populaire réseau social au monde, qui compte alors plus de 900 millions de membres.

Les analystes ne sont pas moins enthousiastes, et tout le monde scrute les hauteurs, se demandant quels vertigineux sommets l’action Facebook atteindra, et en combien de temps. Pourtant, après avoir gagné 7 $ sur son prix d’introduction de 38 $, c’est vers le bas que le titre repart. Les banques se mobilisent pour le stabiliser. Morgan Stanley, l’une des banques chargées de distribuer les actions Facebook, y consacrera jusqu’à 2 milliards de dollars.

Peine perdue. Dans les mois suivants, la chute se poursuit, brutale. L’action perd plus de 30 % de sa valeur en moins d’un mois. En septembre 2012, elle atteint un plancher de 17,73 $. Les investisseurs grognent, et beaucoup crient au scandale. Comment Mark Zuckerberg a-t-il réussi à redresser le navire?

À lire : Comment trouver de nouveaux clients sur LinkedIn

Le secret… est dans le téléphone

La remontée de Facebook tient en trois mots : mobilité, mobilité et mobilité. Depuis son introduction en Bourse, Facebook souffrait de son incapacité à monnayer l’utilisation du réseau social sur les appareils mobiles, alors même que ces derniers accueillent 819 millions des 1,15 milliard d’utilisateurs mensuels actifs du réseau.

La solution de Facebook? Introduire des publicités s’affichant sur l’écran de la même manière que les actualités des « amis ». Et La recette fonctionne. Les publicités représentent maintenant 5 % de l’ensemble des publications consultées par les utilisateurs. Le dernier rapport trimestriel de l’entreprise californienne montre que 41 % des recettes publicitaires proviennent désormais du mobile, et Mark Zuckerberg soutient qu’elles généreront bientôt plus de revenus que celles sur l’ordinateur. D’autant plus que, selon le directeur financier du réseau social, David Ebersman, le coût par clic de ces publicités, un indicateur très prisé des analystes financiers, a augmenté entre le premier et le second trimestre.

Fouetté par ces nouveaux revenus, le chiffre d’affaires trimestriel a bondi de 53 % par rapport à l’année précédente, pour s’établir à 1,8 milliard de dollars, une croissance inégalée depuis 2011. Avec un bénéfice net de 331 millions de dollars, contre une perte de 157 millions il y a un an, l’entreprise recommence à en faire saliver certains.

À lire : Médias sociaux : une mine d’information sur les clients

En chiffres

  • – 699 millions de personnes, en moyenne, utilisaient Facebook chaque jour en juin 2013 (une augmentation de 27 % comparativement à l’année précédente).
  • – Plus d’un million d’organisations font de la publicité sur Facebook.
  • Source : Facebook Reports Second Quarter 2013 Results, Juillet 2013.

Tiendra, tiendra pas?

Échaudés par leur expérience de mai 2012, les analystes restent généralement prudents avec ce titre. Après tout, on parle moins de croissance que d’un retour à la case départ, l’action se situant à peu près à son prix d’introduction en Bourse. Toutefois, certains indicateurs les encouragent.

Refusant de commenter un titre en particulier dans les médias, RBC Marché des Capitaux nous a fait parvenir sa plus récente analyse du titre, publiée le 25 juillet 2013. Elle se veut modérément enthousiaste et établit un prix cible de 40 $ pour l’action. Les principaux avantages soulignés par RBC : l’augmentation du nombre d’utilisateurs et leur engagement, ainsi que les revenus publicitaires, notamment ceux tirés du mobile.

RBC voit aussi un vaste potentiel encore inexploité. « Nous continuons de considérer Facebook comme l’une des entreprises du secteur internet qui a activé le moins de leviers de croissance à date, peut-on lire dans la note de RBC. Nous pensons par exemple à Instagram, que détient Facebook et dont la croissance, supérieure à Facebook, n’est toujours pas monétisée. »

Plus enthousiaste, Goldman Sachs, qui établissait déjà un prix cible de 40 $, l’a fait grimper à 46 $, et 10 autres analystes ont aussi rehaussé leurs projections, selon des données compilées par Bloomberg.

De son côté, Fabien Major, président de Major Gestion Privée, lève le nez sur Facebook, lui préférant Google, le moteur de recherche qui est aussi propriétaire des réseaux sociaux Google+ et YouTube. Selon lui, ce titre mature est plus rassurant, se vendant à une valeur de 25 fois les bénéfices de l’entreprise, contre 167 fois pour Facebook, et 643 fois pour LinkedIn. Introduite en mai 2011 à 45 $, l’action de ce dernier se vend maintenant 200 $, un prix qui continue d’augmenter.

De quoi faire réfléchir les investisseurs, du moins jusqu’à la possible introduction de Twitter en Bourse, espérée par plusieurs pour 2014. Voilà un événement qui ne manquera pas de faire jaser… et gazouiller.

Pour aller plus loin

Loading comments, please wait.
Médias Transcontinental S.E.N.C. Un site de TC Media,
Solutions Affaires
Médias Transcontinental S.E.N.C.
1100 boul. René-Lévesque O.
Montréal, QC H3B 4X9
(514) 392-9000