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Faire trop de « cadeaux » aux actionnaires nuit à l’économie

16 avril 2015 | La rédaction | Commenter

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Deux « vedettes » de Wall Street dénoncent les cadeaux excessifs consentis aux actionnaires et la forte volatilité, qui permettent à la place financière new-yorkaise d’obtenir des performances très supérieures à celles de l’économie réelle.

Dans une lettre adressée mardi aux patrons de 500 grandes entreprises américaines et dévoilée par le New York Timesle directeur général du fonds BlackRock, numéro un mondial de la gestion d’actifs dans le monde, leur reproche en effet de se montrer trop généreuses avec leurs actionnaires, rapporte l’Agence France-Presse.

Augmentation régulière des dividendes

Et ce d’autant plus que les grandes banques centrales ont inondé les marchés financiers, et par conséquent les entreprises, de liquidités au cours de ces dernières années afin de soutenir l’économie.

Dans sa lettre, Laurence Fink remet en cause la croissance exponentielle des programmes de rachat d’actions ainsi que l’augmentation régulière des dividendes. Selon lui, ces mesures destinées à « gâter » les investisseurs contribuent à l’envolée des indices boursiers, et ce au détriment de la croissance à long terme.

Le 8 avril, le PDG de la banque JPMorgan Chase, Jamie Dimon, avait déjà attiré l’attention sur certaines tendances du secteur financier. Dans sa lettre annuelle aux actionnaires, le banquier avait alors détaillé des fluctuations observées récemment sur les marchés des changes ou des obligations, signes avant-coureurs, estimait-il, de futurs problèmes.

Au détriment de l’innovation

Et il avertissait que les grands établissements bancaires, encadrés par un trop grand nombre de règles destinées à mieux les réguler, risquaient d’avoir plus de difficultés à gérer la prochaine crise financière.

Pour Laurence Fink, le danger ne provient toutefois pas des nouvelles réglementations en vigueur. Le dirigeant affirme plutôt redouter « les effets des phénomènes de court terme qui sont inquiétants, à la fois pour ceux qui cherchent à économiser pour des objectifs de long terme comme la retraite et pour l’économie dans son ensemble », rapporte l’AFP.

Les mesures financières adoptées pour plaire aux actionnaires se font aux dépens de l’investissement dans « l’innovation, les salariés qualifiés ou les dépenses de capital essentielles pour nourrir une croissance à long terme », estime le patron de BlackRock.

Plus de 900 G$ redistribués en 2014

D’après une étude de S&P Dow Jones, plus de 900 milliards de dollars ont ainsi été redistribués l’an dernier aux actionnaires des entreprises composant l’indice américain S&P 500, ce qui représente un sommet historique et une hausse de près de 15 % comparativement à 2013.

Mais selon Laurence Fink, ce phénomène, loin d’être positif, envoie au contraire « un message décourageant sur la capacité d’une entreprise à utiliser ses ressources à bon escient et à développer un plan cohérent pour la création de valeurs à long terme ».

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