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Fascicules de l’AMF et publicité : vos réactions

11 novembre 2010 | La rédaction | Commenter

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AMF_100Vous avez été nombreux à lire notre article intitulé Fascicules de l’AMF : la publicité vous dérange ?. Et plusieurs d’entre vous ont pris le temps de nous faire parvenir leurs réactions, en général défavorables à la présence de publicités dans les fascicules sur les finances personnelles que l’AMF a préparés, en collaboration avec le groupe de presse Gesca.

D’abord un rappel des faits
Au nombre total de quatre, ces documents sont offerts au grand public, à raison d’un par semaine, depuis le 19 octobre. Voici les thèmes de la série :

– Maîtrisez vos finances personnelles
– Maîtrisez vos placements
– Maîtrisez vos assurances sur la vie et santé
– Maîtrisez vos assurances auto et habitation

« Plus de 440 000 foyers à travers le Québec recevront ces cahiers spéciaux sur une période de quatre semaines consécutives », précise un communiqué de l’AMF.

Disponibles en ligne en format PDF (cliquez ici) sur le site Web de l’AMF, ces fascicules ont été produits en collaboration avec l’entreprise de presse Gesca et publié dans les sept quotidiens de celui-ci, soit La PresseLe SoleilLe NouvellisteLe DroitLa TribuneLe Quotidien et La Voix de l’Est.

Un aspect de la série qui a frappé la rédaction et certains lecteurs de Conseiller.ca est la présence de publicités. Au fil de la quinzaine de pages que compte chacun des fascicules, on voit des annonces d’institutions financières, de cabinets et d’organismes liés à l’industrie.

Voici vos réactions
« Effectivement, le document aurait du être neutre car vous (NDLR: l’AMF) laissez penser que les institutions nommées sont des collaborateurs associés à cette publication, écrit Frédéric, un lecteur et professionnel de l’industrie travaillant en Estrie. Pour un organisme qui défend le public et réglemente la distribution des produits financiers et notre façon de nous afficher, c’est pas fort, fort. Est-ce que c’était un autre exemple de PPP pour financer cette publication à rabais  ?, demande-t-il. Publication qui est, en passant, excellente. »

« Les publicités de (NDLR: nom de l’institution rayé) ainsi que de (NDLR: nom de l’institution rayé) n’ont pas leur place dans ce genre de publication », estime de son côté Jean-Guy, lecteur et conseiller de la région de Québec.

« Quels étaient les critères de choix pour ces fournisseurs spécifiques ? », souligne Michel, représentant du courtier en épargne collective de Laval.

« Félicitations à l’AMF pour l’excellente visibilité faite aux institutions dans leurs publicités.On dirait même que ce sont ces mêmes institutions qui les ont conçus (NDLR: les fascicules) avec la bénédiction de l’AMF, estime Serge, pl. fin. et conseiller en sécurité financière de Brossard. Un organisme gouvernemental qui fait ainsi la promotion d’institutions privées, c’est un scandale. Et ce n’est pas du tout dans le mandat de l’AMF. »

« J’appuie à 100 % les commentaires de mes collègues, écrit Larry Bathurst, AVA, pl. fin. et propriétaire de PlanEx Solutions financières inc. Lorsqu’une publicité apparaît dans un document de l’AMF, le consommateur associe cette entreprise au contenu et assume que l’AMF recommande l’entreprise. »

« Il est évident que l’AMF utilise les publicités pour financer le document et, ce faisant, elle (l’AMF) se place dans une situation d’apparence de conflit d’intérêt, ajoute-t-il. Les régulateurs du Québec exigent des conseillers d’éviter les conflits d’intérêt et même les apparences de conflit d’intérêt, à défaut de quoi les conseillers risquent d’avoir à s’expliquer. La même règle devrait s’appliquer aux régulateurs », estime-t-il.

D’ailleurs, l’AMF n’est pas le seul « organisme public ou d’État » à accepter les publicités institutionnelles dans ses brochures ou autres documents. Allez voir les documents produits par la RRQ (règlement de décès, etc…). Lesdits documents, par les publicités qui s’y retrouvent, incitent indirectement les consommateurs à se diriger vers ces institutions », signale M. Bathurst.

« Cela dit, est-ce que l’AMF va s’y prendre autrement et interdire les pubs à l’avenir ? », conclut-il.

Un pl. fin. irrité
Dans notre premier article sur le sujet, nous reprenions les commentaires d’un pl. fin., irrité par la présence de publicités dans ces fascicules. En voici des extraits : « En soi, c’est une communication appropriée pour le consommateur et, dans cet esprit, l’AMF joue son rôle comme autorité », estime G., planificateur financier indépendant de la région de Québec.. « Toute documentation provenant de cette autorité financière devrait être autofinancée par l’État, et non par des entreprises privées. Ce n’est pas comme dans le cas de revues privées, journaux de finances et autres. Dans le privé, il faut – ou encore on peut – faire appel aux entreprises privées pour ce qui a trait au financement. Dans les documents de nature publique, il est plus approprié d’avoir les mains libres », conclut-il.

Conseiller.ca a sollicité la réaction de l’AMF sur cette question. Pour la lire ou la relire, cliquez ici. Le point de vue de l’organisme se trouve en bas de page.

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