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Femmes et finances : des progrès, mais…

11 mars 2014 | Rémi Maillard | Commenter

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Bien qu’une forte majorité de Canadiens estime que le secteur des services financiers a progressé depuis 20 ans dans sa façon de traiter ses employées et clientes, on est encore loin de l’équité entre les sexes, indique un nouveau sondage de BMO.

Réalisée en ligne à la fin du mois dernier par Pollara auprès d’un échantillon de 1009 personnes, cette enquête révèle que 83 % des répondants (79 % des femmes) estiment que le secteur est devenu « plus équitable » dans sa manière de traiter ses employées, comparativement à leurs collègues masculins, au cours des deux dernières décennies.

Toutefois, malgré cette perception générale, les Canadiens estiment qu’il faudra faire davantage d’efforts.

Les femmes dans les services financiers

En ce qui concerne le travail des femmes dans les services financiers, le sondage constate que :

√ 55 % des répondants (62 % des répondantes) jugent qu’il existe encore un « plafond de verre » empêchant les femmes de progresser dans leur carrière au-delà d’un certain point.

√ Deux tiers des répondants déclarent que les hommes ont plus de possibilités de carrière que leurs collègues féminines.

√ 87 % des répondants (89 % des répondantes) souhaitent que le secteur en fasse plus pour aider les femmes à atteindre un meilleur équilibre entre travail et vie personnelle.

Les services financiers et les clientes

Le sondage s’est également penché sur la perception qu’ont les Canadiens du traitement des clientes par le secteur financier. Leur verdict est sans appel :

√ 64 % des répondants (70 % des répondantes) estiment que le secteur accorde un traitement de faveur aux hommes par rapport aux femmes.

√ 67 % des répondants (74 % des répondantes) pensent que le secteur prend les hommes plus au sérieux que les femmes.

√ 79 % des répondants (81 % des répondantes) croient que lorsqu’un couple homme-femme rencontre un professionnel des services financiers, celui-ci a tendance à considérer l’homme comme le décideur principal.

« Notre secteur peut encore beaucoup progresser et améliorer la manière dont il interagit avec les clientes. C’est la façon équitable et juste de faire les choses, mais c’est aussi la bonne façon de faire des affaires. Les femmes contrôlent actuellement le tiers de toute la richesse en Amérique du Nord, une proportion qui croît à un rythme annuel de 8 % », conclut BMO.

Les femmes restent moins bien payées…

Par ailleurs, même aux niveaux professionnel et cadre, les femmes continuent d’être moins bien rémunérées que les hommes, révèle une étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Par exemple, en 2012, chez les cadres supérieurs en gestion, le salaire horaire moyen d’un homme atteignait 51,81 $, contre 33,91 $ pour une femme. Pour les autres cadres, les hommes gagnaient 36,46 $ l’heure et les femmes 32,24 $ l’heure.

Y compris dans des professions où les femmes sont en grand nombre, comme dans l’enseignement, les femmes gagnent moins que les hommes. Ainsi, ces derniers reçoivent une rémunération horaire moyenne de 33,24 $ contre 31,20 $ pour les femmes.

… mais l’écart se resserre

Plusieurs facteurs peuvent expliquer certains écarts dans une même profession, précise l’ISQ. Notamment le nombre plus faible d’années d’expérience de travail des femmes, même si elles occupent le même poste qu’un homme. Sans oublier l’ancienneté dans l’emploi.

Mais ce phénomène n’est pas dû aux heures supplémentaires que feraient davantage les hommes, qui n’ont pas les obligations familiales des femmes, puisque les données collectées concernent le salaire horaire et non le salaire annuel, souligne l’Institut.

Une bonne nouvelle toutefois : même si le salaire horaire des Québécoises restait en moyenne inférieur de 10 % à celui des hommes en 2012, leur rémunération s’est améliorée par rapport à celle de leurs homologues masculins au cours des 15 dernières années.

À lire : Les femmes gèrent mieux les fonds spéculatifs

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