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Épargne

FERR ou rente viagère ?

11 juin 2010 | Commenter

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Alors que l’incertitude plane autour de la direction future des taux d’intérêt au pays, Morningstar Canada relance un débat qui préoccupe les aînés : que faire de leur REER lorsqu’ils atteindront l’âge de 71 ans ?

On le sait, les possibilités sont limitées :

  • Convertir le REER en FERR.
  • L’utiliser pour acheter une rente viagère.
  • Opter pour une combinaison des deux.

Plusieurs atouts caractérisent les FERR. Le plus important est sans doute la souplesse de gestion. En effet, les détenteurs d’un FERR peuvent investir les actifs comme bon leur semble, au gré des marchés. De plus, une fois qu’ils ont retiré le montant minimum imposé par la loi, ils peuvent y puiser des sommes supplémentaires pour acheter une auto neuve ou faire le voyage de leur vie, par exemple.

questions_364Par ailleurs, il est possible de « jouer sur les âges » avec un FERR. Si le conjoint du détenteur est plus jeune, celui-ci peut demander que le retrait minimum soit calculé en fonction de l’âge de son conjoint, non du sien. Par exemple, si le détenteur a 71 ans et son conjoint 63, ce n’est pas 7,38 % du solde du FERR qu’il pourrait retirer, mais plutôt 3,70 %. Cela peut être doublement avantageux : d’une part, le détenteur paiera moins d’impôt et, d’autre part, il épuisera son FERR moins rapidement.

On notera que le transfert du REER au FERR se déroule en toute transparence. Le client peut conserver les mêmes produits financiers que ceux de son REER. Les échéances, sur les CPG et les obligations d’épargne notamment, demeurent inchangées. Il n’y a aucun impôt à payer.

Mais avec les avantages des FERR viennent les inconvénients. L’incertitude est probablement l’élément le plus défavorable. « On ne sait pas combien d’argent on aura dans l’avenir. Il fort possible que l’on survive à ses économies. Ou alors, on peut se retrouver avec bien moins d’argent, à l’instar de nombreuses personnes en 2008, et toujours avoir besoin d’un revenu », indique Morningstar Canada.

Les rentes
Un grand nombre d’aînés ne veulent pas se casser la tête avec l’administration d’un FERR. Ils achètent alors une rente, qui est un contrat passé avec une compagnie d’assurance vie ou une société de fiducie. En échange du REER, l’assureur s’engage à verser, à intervalles réguliers, une somme d’argent dont le montant est fixé selon le sexe et l’âge du client, les taux d’intérêt en vigueur et les garanties qu’ont fait ajouter au contrat.

S’il s’agit d’une rente viagère, le client est assuré de toucher un revenu jusqu’à la fin de ses jours. Cela lui procure une « protection contre l’éventualité de vivre très longtemps et de ne plus avoir d’argent », dit Morningstar Canada. Compte tenu de l’allongement de l’espérance de vie au Canada, cela pourrait être une bonne chose.

L’ennui, avec les rentes viagères, c’est que le montant que touche le rentier est fonction des taux d’intérêt. Or, comme ceux-ci sont pratiquement à un plancher historique, il ne faut pas s’attendre à recevoir des montants faramineux. Certes, le rendement est garanti, mais il est comparable à celui d’une obligation, soit autour de 4 %, estime Morningstar Canada. Ce n’est pas le Pérou.

Toutefois, l’auteur fait remarquer que ce n’est pas plus rose du côté des FERR. Supposons que le détenteur d’un FERR cherche un rendement moyen de 7  , et que ses actifs sont répartis à 65 % dans des produits à revenu fixe et à 35 % dans des actions. Si la portion à revenu fixe produit 3 %, le volet actions devra générer 15 % pour obtenir un rendement moyen de 7 %. Grosse commande. Même si les actions produisent 10 %, qui est un chiffre plus réaliste, le rendement moyen n’est toujours que de 5 %. Dans l’intervalle, il faudra vivre avec les aléas du marché.

Un exemple: Bob et Betty
Revenons aux rentes. Beaucoup de retraités n’aiment pas les rentes viagères, parce qu’il doivent céder leur capital de manière irrémédiable. À leur décès, croient-ils, leurs héritiers ne récupéreront rien. Mais c’est un mythe. En effet, ont peut souscrire une rente réversible au conjoint et au rentier, qui fournira un revenu aussi longtemps que l’un des conjoints est vivant. Les rentes à terme fixe sont un autre produit qui garantit un revenu mensuel fixe sur une durée spécifique. « Si vous décédez avant l’échéance prescrite, le restant des paiements est reversé à votre succession », explique Morningstar Canada.

De plus, les rentes combinées à des assurances vie peuvent être des instruments utiles de planification financière et successorale.

Morningstar Canada donne l’exemple de Bob et de Betty, un couple fictif de 70 ans qui possède 1 million de dollars d’actifs non enregistrés.

Ce capital leur permet de se procurer une rente viagère et à une assurance-vie temporaire 100 ans de 1 million de dollars. Pourquoi une assurance vie ? Pour protéger le capital dans l’éventualité du décès d’un des conjoints.

Une rente et l’assurance vie souscrites au nom de Bob produiraient un montant annuel net de 50 991 $ pour subvenir aux besoins du couple, une fois qu’il aura payé 12 995 $ d’impôts (à 46,4 % pour les revenus provenant de rentes) et 39 780 $ de primes d’assurance vie. Le rendement après impôts est de 4,9 %, ce qui est l’équivalent du rendement d’un CPG à 9,5 %, calcule Morningstar Canada. Le rendement après impôts est relativement élevé, car une partie du revenu consiste en un remboursement du capital et n’est donc pas imposable.

Si la rente et la police d’assurance vie sont au nom de Betty, le couple disposera de 47 314 $ après impôts, soit un taux de rendement de 4,6 %. Cependant, si Bob et Betty ont une rente conjointe à leurs deux noms ainsi qu’une police d’assurance vie conjointe, le revenu annuel après impôts sera de 50 314 $, soit un taux de rendement de 4,9 % et l’équivalent d’un CPG à 9,4 %.

Au contraire, si Bob et Betty avaient 1 million de dollars en FERR, le calcul du rendement serait différent puisque la totalité du revenu serait imposable. Ils percevraient environ 80 200 $ de revenu annuel s’ils souscrivaient à une rente conjointe. Au second décès, le résidu du FERR serait entièrement imposable.

Comme on peut le constater, le dilemme FERR-rente n’est pas simple à résoudre. Chaque produit a ses qualités et ses défauts. Pour ce qui est des rentes, on dit qu’elles répondent davantage aux besoins des personnes qui ont de bonnes chances d’atteindre 90 ans et plus, et qui, ce faisant, pourraient épuiser leur argent. « Les personnes de cette catégorie sont celles qui ont l’intention de dépenser tout ce qu’elles ont. Les gens qui ne dépensent pas beaucoup ou qui ont beaucoup d’argent n’appartiennent pas à cette catégorie », conclut Morningstar Canada.

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