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Finance : la fin du boys club?

12 mai 2017 | La rédaction | Commenter

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femme_idee_travail_425Les femmes (et la diversité en général) commencent à faire leur place dans les instances décisionnelles du monde de la finance. Mais rien n’est encore gagné.

C’est, du moins, ce qu’avance la chercheure et ex-gestionnaire de portefeuille Barbara Stewart dans le Globe and Mail.

Celle qui a longtemps siégé à des comités d’investissement décrit une routine qu’elle a souvent observée lors de ces réunions. Un homme dominant mène le groupe, entouré d’autres hommes blancs au profil très similaire au sien. Ils sont rarement en désaccord et voient les produits et les marchés du même œil.

LES RISQUES DE LA PENSÉE UNIQUE

Un danger, croit Barbara Stewart, notamment dans un marché plus difficile. La diversité des membres d’un comité d’investissement amène un plus grand questionnement que dans un groupe homogène, ce qui permet de prendre de meilleures décisions et de diminuer les risques. Un avantage que l’Américaine Sallie Krawcheck, la chef de la direction et cofondatrice d’Ellevest, un robot-conseiller destiné aux femmes investisseures, défendait avec passion en mars dernier dans un événement organisé par CFA Montréal.

Les femmes ont un rôle à jouer dans cette quête de la diversité entreprise par un nombre croissant de firmes. Ne serait-ce que pour attirer à elles la clientèle féminine, laquelle prend déjà 80 % des décisions d’achat dans les foyers et contrôlera bientôt les deux tiers des actifs financiers dans la prochaine décennie, indique Mme Stewart.

Si les cabinets en services financiers souhaitent attirer plus de clientes, ils doivent d’abord les comprendre. Les femmes seraient plus portées à aligner leurs investissements sur leurs valeurs et à s’engager émotionnellement dans leurs décisions d’investissement. Elles seraient des consommatrices loyales, avides de partager. Ainsi, elles seraient plus susceptibles que les hommes d’entraîner d’autres clients, comme des parents ou amis, vers une firme qui les sert bien.

DU CHEMIN À FAIRE

Mais pour obtenir une diversité à l’intérieur des cabinets, notamment la parité hommes/femmes, il reste bien du chemin à parcourir. En 2015, seulement 11 % des employés cadre des firmes de capital de risque étaient des femmes, une proportion qui baisse à 9 % dans les firmes de rachat de capitaux privés. Elles représentent moins d’un CFA sur cinq, selon l’Institut CFA. Les firmes telle que Kensington Capital Partners, dont la moitié des employés sont des femmes, constituent encore l’exception plutôt que la règle.

Les longues heures au bureau, la difficulté de concilier la famille et le travail et le manque de candidates qualifiées sont les raisons les plus souvent citées pour expliquer la faible représentation des femmes dans ces firmes. Des raisons qui étonnent Barbara Stewart. « Peut-être faudrait-il mieux expliquer que, notamment du côté des ventes, le secteur de l’investissement est parmi les plus flexible en termes de présence au bureau, écrit-elle. Le revenu est centré sur la performance. Produisez des résultats et personne ne se souciera de comment vous l’avez fait ni d’où vous étiez. »

Celle-ci est d’avis que la vieille garde ne risque pas de changer son approche, mais que la relève, elle, croit vraiment à la diversité et travaille à faire progresser le monde de la finance en ce sens.

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