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Flavio Vani : « Nous voulons un ordre professionnel des conseillers! »

23 avril 2014 | Rémi Maillard | Commenter

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Flavio Vani

« Ordre en conseil financier », « Ordre des conseillers financiers »… « En vérité, le nom importe peu, ce n’est qu’un détail technique », assure Flavio Vani.

Voilà déjà plusieurs années que le président du Regroupement indépendant des conseillers de l’industrie financière du Québec (RICIFQ) se bat pour améliorer les conditions de pratique des conseillers indépendants. Cette fois, il place la barre très haut.

« Seul un ordre professionnel pourra rehausser la fonction de conseiller en services financiers et donner plus de crédibilité au métier », estime en effet le conseiller, qui a été élu à la tête du regroupement en juin 2013.

Un seul règlement pour tout le monde

Le but est d’unifier toutes les disciplines du secteur de la finance au sein d’une seule profession, avec une même loi et un même code de conduite pour tous ceux qui l’exercent « afin que chacun soit traité sur un pied d’égalité ».

Ce qui est loin d’être le cas, déplore-t-il. « Aujourd’hui, si vous êtes reconnu coupable d’un acte répréhensible en tant que représentant de fonds communs de placement, par exemple, la Chambre de la sécurité financière [CSF] vous infligera un renvoi temporaire ou à vie dans cette discipline. En revanche, vous pourrez continuer à exercer dans un autre secteur de la profession si vous détenez le permis nécessaire. »

Avec un ordre professionnel, il en irait différemment, soutient le président du RICIFQ : « Une personne déclarée coupable n’aurait plus le droit d’exercer dans toutes les disciplines couvertes par l’ordre, et ce, pendant toute la durée de sa peine. »

Flavio Vani souhaite par ailleurs « rehausser les standards et uniformiser le savoir pour toutes les disciplines incluses dans l’ordre », ce qui apportera « une meilleure protection pour les consommateurs ».

Enfin, il réclame la diminution des coûts liés à la conformité et la création d’un seul titre protégé, par exemple « conseiller financier en finances personnelles ».

32 000 membres potentiels

Autre avantage d’un ordre, selon lui : si on exige de tous un même niveau de connaissances, les représentants répondront mieux aux attentes du public. « À l’heure actuelle, ils ont des œillères, chacun ne voit qu’une partie des besoins de sa clientèle. La profession est morcelée en plusieurs petits secteurs et personne n’est plus capable d‘avoir une vue d’ensemble de la situation des clients. »

« Nous voulons faire la même chose que les médecins, les pharmaciens, les avocats ou les comptables. Il existe un ordre pour les sages-femmes, pourquoi n’y en aurait-il pas un pour les conseillers financiers? »

Flavio Vani souhaite que chaque conseiller, indépendant ou employé par une banque ou une caisse populaire, soit un jour contrôlé par cet ordre. Sont concernés : tous les détenteurs d’un permis en assurances, en assurance collective et en rentes collectives des personnes, les Pl. Fin., les représentants en fonds communs de placement, en placements et en produits exemptés ainsi que les analystes financiers agréés (Chartered Financial Analysts, ou CFA).

Soit un total d’environ 32 000 personnes au Québec, toutes disciplines confondues, dont quelque 11 000 indépendants, détaille-t-il, en précisant que les deux tiers de ceux-ci travaillent pour des institutions financières.

Ordre + Corporation = chicane

Quand on lui rappelle que l’Institut québécois de planification financière (IQPF) a déjà effectué des démarches auprès de l’Office des professions du Québec dans le but de créer un ordre, Flavio Vani ne se laisse pas démonter.

« L’lQPF n’a aucune représentativité, assène-t-il. C’est un organisme à but non lucratif, un club social dont le cadre juridique est limité à l’enseignement et à la formation continue. Il n’a pas le même mandat ni la même forme juridique que le RICIFQ. Il ne peut parler au nom de ses membres. Par ailleurs, seul un très petit nombre de ses membres gagne sa vie dans la planification financière, alors comment pourrait-il vivre comme ordre? »

La planification financière n’est qu’une discipline parmi d’autres, rappelle le conseiller. « S’il veut faire ce travail, un professionnel doit détenir un permis émis par l’Autorité des marchés financiers. Mais comme beaucoup de consommateurs ne désirent pas payer d’honoraires pour recevoir des conseils en planification, la grande majorité des Pl. Fin. cumulent d’autres permis » (assurances de personnes, représentant en fonds communs ou en placement, par exemple).

En revanche, lorsqu’on lui mentionne le projet de Corporation des professionnels en services financiers piloté par la CSF, le bouillant patron du RICIFQ voit rouge. D’autant que la Chambre a prévu de contribuer financièrement à la naissance de ce nouveau joueur au sein de la profession.

« Il s’agit là encore d’un club social. Cette corporation ne pourra représenter personne, seulement proposer des activités. Cela n’a rien à voir avec un ordre. Si la Chambre la finance et qu’elle prétend parler au nom des professionnels du secteur, ce sera de la fausse représentation! »

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