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Baisse économique

Gare aux déficits, dit Joe Oliver

2 novembre 2015 | La rédaction | Commenter

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Joe Oliver

Justin Trudeau et son équipe devront faire montre « de discipline » pour rééquilibrer le budget fédéral, surtout « d’ici les prochaines élections », affirme Joe Oliver.

Nos collègues d’Advisor.ca ont rencontré le ministre fédéral sortant des Finances, afin de sonder son opinion sur divers enjeux qui attendent le nouveau gouvernement libéral.

Lors des récentes élections, le conservateur de 75 ans a perdu son siège par 3 490 votes, dans la circonscription torontoise d’Eglinton-Lawrence. Voici ce qu’il a à dire deux semaines après la défaite du gouvernement conservateur.

Conseiller : Percevez-vous la défaite de votre gouvernement comme un rejet de votre politique économique?

Joe Oliver : Non. Je crois plutôt que le désir de changement l’a emporté. Cela dit, lorsque je rencontrais des électeurs, j’ai rarement entendu quelqu’un souhaiter une hausse des impôts afin de permettre un accroissement du budget fédéral.

Lorsque le gouvernement libéral prétend qu’il pourra maintenir le déficit à 10 milliards de dollars par année au cours des trois prochaines années, il devra, pour y parvenir, démontrer de la discipline – s’il concrétise son programme électoral –, surtout d’ici les prochaines élections fédérales.

C : Quelque 400 000 emplois manufacturiers ont disparu depuis l’arrivée au pouvoir de votre parti, en 2006…

JO : Il est clair que certains secteurs ont écopé. On pense notamment au secteur manufacturier dans le sud de l’Ontario. Mais la baisse de la valeur du huard et la relance de l’économie américaine annoncent des jours meilleurs.

Plusieurs entreprises, qui disposent des capitaux nécessaires, recommencent à croire au potentiel de l’exportation. Et nous sommes convaincus que cet optimisme se traduira par des gains sur le plan de l’emploi, surtout dans le secteur manufacturier.

LE CELI POUR LES RICHES?

C : Pendant la campagne électorale, les libéraux ont répété que le CELI bénéficiait seulement aux riches et ils ont promis de ramener à 5 500 $ la limite annuelle des contributions.

JO : Le CELI ne s’adresse pas qu’à une élite économique : 60 % des gens qui ont cotisé le maximum gagnaient moins de 60 000 $. En moyenne, les 11 millions de cotisants gagnent moins de 75 000 $ par année.

C : Quelle est la plus grande menace qui plane sur l’économie canadienne?

JO : Le cours du pétrole brut.

C : Et ce n’est pas demain que les cours du brut vont remonter…

JO : Nous savions que la demande continuerait à baisser en raison du ralentissement économique mondial et nous savions que l’offre irait en augmentant en raison des vastes réserves de pétrole et de gaz de schiste découvertes aux États-Unis. Puis les Saoudiens ont porté le coup de grâce lorsqu’ils ont décidé de protéger leur part de marché [NDLR : en maintenant tel quel leur niveau de production], plutôt que le prix de l’énergie.

Je crois que la plupart des économistes prévoient une hausse des cours. Mais personne n’entrevoit le retour d’un prix de 100 $US le baril.

C : Quelle réalisation vous a rendu le plus fier lorsque vous étiez ministre des Finances?

JO : Le budget de cette année, qui était, à mon avis, non seulement équilibré sur le plan des finances, mais aussi équitable sur le plan social.

Je suis aussi fier d’avoir exonéré de l’impôt sur les gains en capital les dons relatifs à des actions de sociétés privées et à des biens immobiliers.

Cette entrevue est d’abord parue sur le site Advisor.ca le 30 octobre.

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