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Gestion de patrimoine privé : ni la pratique ni la formation ne sont remises en cause

4 octobre 2006 | Commenter

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(04-10-2006)La décision de l’Ordre des administrateurs agréés du Québec (OAAQ) d’abolir le titre de gestionnaire de patrimoine privé (GPP) ne remet pas en question ce champ de pratique professionnelle ni la formation qu’un conseiller peut recevoir pour développer cette expertise.

C’est ce que nous a indiqué Gaétan Veillette, Adm.a, Pl. Fin. et coordonnateur du comité de conception du Guide des meilleures pratiques en planification et gestion de patrimoine privé, publié par l’OAAQ. « Trois dimensions entourent la gestion de patrimoine privé : la formation, les outils pratiques et le titre », précise Gaétan Veillette.

Pour ce qui est de la formation, les programmes déjà en cours demeurent pleinement en vigueur. À l’École des Hautes études commerciales de Montréal, par exemple, on peut s’inscrire à un DESS en gestion de patrimoine privé. Il s’agit d’un programme de deuxième cycle universitaire lancé en collaboration avec un groupe d’administrateurs agréés.

En ce qui concerne les outils pratiques, l’OAAQ continue de fournir à ses membres des outils pratiques qui les aident à approfondir leurs connaissances en gestion de patrimoine privé. Le Guide des meilleures pratiques en planification et gestion de patrimoine privé en est la pierre angulaire. Il s’agit d’un ouvrage de plus de 600 pages qui établit les fondements de la gestion de patrimoine pour les particuliers, les entreprises et les fiducies.

Quant au titre de GPP, l’OAAQ a décidé de mettre fin à son parrainage à la demande de l’Office des professions du Québec. « C’est comme le titre d’avocat, illustre Denise Brosseau, directrice générale et secrétaire de l’OAAQ. Vous en avez qui sont spécialisés en droit des affaires, en droit civil ou en droit familial. Mais ils ne portent qu’un seul titre professionnel, celui d’avocat. Le même principe s’applique maintenant aux administrateurs agréés. »

Donc, les Adm.a ne peuvent plus inscrire sur les cartes professionnelles le sigle « GPP ». Le même sort a été réservé aux Adm.a spécialisés en franchisage (EAF) et en immobilier (Imm.). Comme l’OAAQ est propriétaire de ces trois marques de commerce, il a indiqué qu’il interviendra pour en interdire l’usage.

Dans ces circonstances, comment les particuliers et les entreprises pourront-ils savoir que tel Adm.a est spécialisé en GPP alors qu’un autre peut ne pas l’être? L’OAAQ se penche sur cette question, dit Denise Brosseau. Il est en train de mettre sur pied un plan de communication pour indiquer à leurs membres la manière correcte de faire connaître leur expertise.

L’OAAQ est-il déçu de ce revirement de situation? « La compétence de nos membres n’est pas mise en doute, indique Denise Brosseau. L’activité professionnelle de gestion de patrimoine privé demeure intacte. Nous allons vivre avec cette décision. Nous prendrons les moyens nécessaires pour soutenir nos membres qui sont actifs dans ce domaine. »

Gaétan Veillette non plus n’est pas déçu de la tournure des événements. « Ça va nous permettre de centrer nos efforts sur un seul titre, celui d’Adm.a. » Il insiste pour dire que la gestion de patrimoine privé est une profession en émergence. Au cours des prochaines années, dit-il, on assistera à un transfert de richesse sans précédent d’une génération à l’autre. Cela va créer d’importants besoins de planification qui, bien souvent pour l’instant, sont comblés de manière empirique.

Au contraire, le programme GPP jette les bases d’une approche systématique de la gestion patrimoniale. Les conseillers qui se spécialiseront dans ce secteur se mettront au diapason des pratiques qui ont cours en Europe et aux États-Unis, pratiques mieux connues sous le terme de wealth management. « Les clients nantis ont des attentes particulières en matière de gestion patrimoniale, dit le spécialiste. Ils attendent de leurs conseillers des services beaucoup plus poussés que ce que leur offrent les cabinets habituels. »

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