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Gestionnaires en direct – La « grande rotation » n’aura pas lieu

21 mars 2013

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N’écoutez pas les gestionnaires de mauvais augure qui tentent de vous attirer vers leurs fonds d’actions. Les obligations joueront encore un rôle-clé durant la lente croissance qui s’annonce, explique Patrick O’Toole, vice-président, titres à revenus fixes mondiaux chez Gestion globale d’actifs CIBC.

Cliquer ici pour entendre l’entrevue complète en baladodiffusion sur Gestionnaires en direct.

« Le thème de la « grande rotation » fait croire au public que les investisseurs quittent les obligations en masse pour acheter des actions. Même si les médias ont emprunté l’expression, elle reste l’invention de gens qui ont un intérêt personnel à vendre des actions. En outre, le bond-bashing est typique du début d’année ; nous avons vu ça aussi les années précédentes. »

Les actions américaines se sont vendues à hauteur de 28 milliards en janvier, un record. Mais l’argent était neuf et ne provenait pas des obligations, insiste Patrick O’Toole.

« Le seul mouvement que je vois est un retrait des marchés monétaires pour évoluer vers des actifs plus à risque, qu’il s’agisse d’actions ou d’obligations. »

C’est la mentalité des investisseurs qui a changé, et non leur répartition d’actifs, pense l’expert.

« Ils voulaient de la croissance, et maintenant ils recherchent plutôt des revenus. Ils veulent être payés pour leur investissement. »

Patrick O’Toole reconnaît néanmoins que les obligations ont déjà été en meilleure santé. « Mais la plupart des investisseurs ne vont pas placer 100 % de leur portefeuille dans les actions pour autant. Et le marché obligataire offre encore des occasions de toucher des revenus. »

Les titres à long terme, en particulier, pourraient bénéficier de la hausse modérée des taux d’intérêt, entre 1 et 3 % selon l’expert. Il propose l’analyse économique suivante :

« Les vecteurs de croissance canadiens s’effacent peu à peu. On a vu de bons emplois se créer dans la construction et le gouvernement, mais ça ne va pas se répéter cette année. Les provinces ont entamé des coupures, et le marché de la construction résidentielle sera plus lent. La consommation en sera affectée car les gens perdent un peu confiance quand le prix de leur maison stagne. »

Quant aux Américains, ils ne peuvent pas encore se vanter d’aller mieux que nous, pense Patrick O’Toole.

« On voit de bons signaux en provenance de l’automobile, de l’immobilier, de l’énergie, mais les revenus des gens stagnent et leur budget disponible a baissé de 8 % en quatre ans. C’est un gros problème et il ne va pas se régler de sitôt. Leur économie est un peu plus en forme que la nôtre, mais un peu seulement. Dans ce contexte, on ne risque pas de voir une forte hausse des taux d’intérêt, qui nuirait aux obligations. »

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