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Gouvernance et performance boursière ne sont pas liées

9 mars 2016 | La rédaction | Commenter

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leader_patron_gestion_équipeAucune donnée probante ne permet de conclure qu’il existe un lien entre la gouvernance des sociétés et leur performance boursière, soutient l’Institut sur la gouvernance d’organisations privées et publiques (IGOPP) dans une récente étude.

Intitulé La « bonne » gouvernance et la performance des entreprises, ce document de huit pages a été rédigé conjointement par Yvan Dallaire, président exécutif du conseil de l’IGOPP, et François Dauphin, directeur de la recherche à l’Institut.

« La préoccupation, voire l’obsession, de mettre en place une  » bonne  » gouvernance dans les sociétés cotées en Bourse devrait, semble-t-il, mener à de meilleures performances boursières pour celles qui se sont dotées des meilleures pratiques de gouvernance », indiquent-ils en préambule.

« AUCUNE ASSOCIATION SIGNIFICATIVE »

Or, les nombreuses études, surtout américaines, qui ont tenté d’établir une corrélation entre gouvernance et performance ont donné des résultats « plutôt décevants » et, d’une façon générale, « les scores de gouvernance ne montrent aucune association significative avec la performance boursière ».

Les auteurs de l’étude estiment d’ailleurs qu’« un tel exercice était voué à l’échec ». En effet, « la performance économique et boursière d’une société au cours des ans est tributaire de nombreux facteurs macro-économiques, conjoncturels, industriels et stratégiques », soulignent-ils, et elle est aussi « le résultat de décisions bonnes ou mauvaises prises parfois plusieurs années auparavant ».

En outre, malgré toutes les « manipulations statistiques » pour tenter de tenir compte de ces autres influences, « l’analyse peut difficilement isoler l’effet ineffable et fugace de la “ bonne ” gouvernance sur les résultats, tant soit-il qu’un tel effet soit présent ».

L’AVANTAGE DES ACTIONS À DROIT DE VOTE MULTIPLE

Yvan Dallaire et François Dauphin passent également au crible l’incidence de la présence d’actions à droit de vote multiple. Et leur constat est sans appel : « quelle que soit la période (un an, trois ans, cinq ans), que l’on compare des moyennes ou des médianes, les sociétés comportant des classes d’action avec votes inégaux montrent des performances boursières largement supérieures aux performances des entreprises conventionnelles. »

Lorsqu’il est bien encadré sur le plan juridique, ce type d’actions à droit de vote multiple peut jouer « un rôle utile et créateur de valeur », relève l’IGOPP.

INDÉPENDANCE, LÉGITIMITÉ ET CRÉDIBILITÉ

Enfin, les auteurs de l’étude se demandent quels sont les bénéfices d’une bonne gouvernance pour une compagnie.

« On peut supposer qu’un conseil alerte et compétent aura su améliorer les démarches de prise de décisions, s’opposer judicieusement aux initiatives par trop hasardeuses de la direction, lui faire éviter des écueils, débusquer les pratiques douteuses. »

Toutefois, insistent-ils, pour qu’il en soit ainsi, « il faut que les membres du conseil soient, non seulement “ indépendants ” mais surtout légitimes et crédibles, toutes qualités qu’un score de gouvernance aussi exhaustif soit-il ne peut capter ».

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