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Haro sur la production d’éthanol

22 octobre 2007 | Commenter

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Marchés mondiaux CIBC critique vertement la politique d’énergie renouvelable de l’administration Bush, l’accusant d’attiser l’inflation tout en présentant des avantages mitigés en ce qui a trait à la protection de l’environnement.

Dans son dernier rapport, la banque d’investissement affirme que la politique américaine préconisant l’augmentation de la proportion d’éthanol qui entre dans les réservoirs d’essence et visant à accroître l’autosuffisance énergétique pourrait bien avoir peu d’incidence, si ce n’est la hausse vertigineuse des prix des aliments. En effet, pour répondre à la demande d’éthanol-carburant, les producteurs américains de maïs doivent augmenter considérablement leur production de céréale.

Ce détournement d’une proportion sans cesse croissante des récoltes de maïs destinées à l’alimentation humaine et du bétail vers la production énergétique exercerait « d’immenses et constantes tensions sur les prix des aliments », note Marchés mondiaux CIBC. La firme prévoit que, d’ici la fin de l’an prochain, le taux d’inflation du prix des aliments se situera bien au-delà de 5 %. En 2009, quand la production d’éthanol aura atteint neuf milliards de gallons, le taux d’inflation des prix des aliments avoisinera 7 %, son niveau le plus élevé des 25 dernières années. Le hic, c’est que l’alimentation est l’un des secteurs de la demande des consommateurs « pour lequel il est le plus difficile de trouver un substitut ». Pour les Américains à faible revenu, le coût des aliments représente près de 40 % de leur budget mensuel.

Au cours des deux dernières années, le prix du maïs a bondi de 60 %. Cette montée en flèche se répercute non seulement sur les aliments pour animaux et sur les aliments à base de maïs, comme les tortillas, mais également sur le prix des céréales, les fermiers se bousculant pour accroître leur production de maïs aux dépens des autres récoltes. « Le prix des céréales a atteint des sommets inégalés tandis que les stocks à l’échelle mondiale continuent de diminuer à des bas niveaux encore jamais vus », constatent les économistes de Marchés mondiaux CIBC.

Si cette politique permettait aux Américains d’améliorer leur bilan environnemental, ce serait un moindre mal. Mais on semble bien loin de là. L’administration américaine vise à augmenter la production d’éthanol du niveau auquel elle se situait en l’an 2000, soit environ un milliard de gallons par année, à 35 milliards de gallons par année d’ici 2017.

Pour atteindre ces objectifs, d’énormes subventions seront requises, puisque la production d’éthanol à base de maïs « n’est tout simplement pas efficiente d’un point de vue économique, même si le baril de pétrole coûtait 100 dollars », estime Marchés mondiaux CIBC.

Comme l’éthanol ne peut être acheminé au moyen des pipelines conventionnels, la chaîne d’approvisionnement est longue et coûteuse à tous points de vue. Il faut en effet une quantité formidable d’énergie pour cultiver et récolter le maïs, le faire parvenir aux distillateurs, transformer la semoule de maïs moulu en éthanol par distillation et ensuite transporter ce dernier par camion et par train jusqu’aux consommateurs partout au pays.

Même si le niveau cible de production d’éthanol de 35 milliards de gallons est atteint, l’incidence sur l’autonomie énergétique des États-Unis sera négligeable, croit la banque d’investissement. Actuellement, le maïs cultivé aux fins de la production d’éthanol contribue à réduire la consommation américaine d’essence de seulement un point de pourcentage. « Même si les États-Unis atteignaient la cible fixée par le président Bush de 35 milliards de gallons en 2017, la réduction en termes de consommation d’essence ne serait que de 6,5 % », conclut Marchés mondiaux CIBC.

Pour consulter le rapport de Marchés mondiaux CIBC(en anglais), cliquez ici

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